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Le blog estampillé Littérature 2.0

Chroniques littéraires et observateur de la dématérialisation du Livre

jeudi 13 mars 2014

Les Contrerimes de Paul-Jean Toulet

Je vous parlais dernièrement de Premier bilan après l'Apocalypse de Frédéric Beigbeder où celui-ci présente les 100 livres qui ont le plus compté dans sa vie. De façon tout à fait surprenante le poète Paul-Jean Toulet y apparaît deux fois: à la 61 ème place avec Mon amie Nane publié en 1905 mais surtout à la 6 ème place avec son recueil le plus connu Les Contrerimes (1921, à titre posthume).

La contrerime dont Toulet est donc l'instigateur est un quatrain d'une construction particulière mais que je me refuserais à expliquer dans ce billet pour n'en garder que la grâce. Alors que celui-ci est toujours considéré comme un poète mineur, son style offrant une poésie courte (où se succède donc les contrerimes) mais non dénuée de nuances gagnerait à revenir en grâce (qu'elle n'a jamais pourtant perdue) au temps de l’avènement de la lecture numérique où les textes longs sont de plus en plus rejetés, zapping oblige. Une petite contrerime entre deux textos un mail et un petit tour sur les réseaux sociaux est moins compliquée à placer que Naissance de Yann Moix (1200 pages) et revêt l'avantage de l'exhaustivité.

Et pour la petite histoire, il n'est pas si étonnant de trouver Toulet dans le top 100 de Beigbeder, les deux auteurs ayant en commun  le village de Guéthary.

http://blowawaydandelion.blogspot.fr/

L’hiver bat la vitre et le toit. 
 Il fait bon dans la chambre, 
À part cette sale odeur d’ambre 
Et de plaisir. Mais toi, 
 Les roses naissent sur ta face 
 Quand tu ris près du feu... 
Ce soir tu me diras adieu, 
 Ombre, que l’ombre efface.

***
La vie est plus vaine une image 
Que l’ombre sur le mur. 
Pourtant l’hiéroglyphe obscur 
Qu’y trace ton passage
 
M’enchante, et ton rire pareil 
Au vif éclat des armes ; 
Et jusqu’à ces menteuses larmes 
Qui miraient le soleil. 

Mourir non plus n’est ombre vaine. 
La nuit, quand tu as peur, 
N’écoute pas battre ton cœur : 
C’est une étrange peine.

AL