Bienvenue sur Dandelion

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Le blog estampillé Littérature 2.0

Chroniques littéraires et observateur de la dématérialisation du Livre

mercredi 24 avril 2013

Eternal Sunshine of the spotless mind de Michel Gondry

Alors que sort cette semaine L’Écume des jours, l'adaptation du cultissime roman de Boris Vian ; à ce titre je vous invite à lire le billet que lui consacre Le Monde de Noa, qui de semaine en semaine fait le focus (en autre) sur les adaptations cinématographiques ; voilà qui me permet de parler de ce qui est pour moi le vrai chef d'oeuvre de Michel Gondry, sous réserve qu'il soit détrôné cette semaine (mais j'ai du mal à y croire tant il fait parti des films qui ont marqués mon cheminement de cinéphile), je veux parler d'Eternal sunshine of the spotless mind sorti dans les salles obscures il y a bientôt 10 ans en 2004.

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Il n'y avait sans doute qu'un réalisateur comme Michel Gondry pour s'attaquer à l'un des romans les plus mythiques et les plus inventifs, de la littérature française du XXème, l'un des rares à donner un réel plaisir et un vrai souvenir de lecture pour un livre étudié "par obligation" sur les bancs du lycée (voire du collège m'affirment certains) tant le réalisateur apparaît, à certain titre, comme le pendant de Boris Vian pour le septième art. Je vais trop loin me diriez-vous ? C'est que vous êtes sans doute passé à coté de ce film qui fourmille de trouvailles scénaristiques, regorge d'inventivité et émeut par un lyrisme à faire rougir un Jean Pierre Jeunet et son Amélie Poulain.

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Le cinéma français surfe en ce moment sur la vague du succès, avec en quelques mois des films remarqués mais très différents les uns des autres comme Amour de Mickael Haneke (comment ça ce film n'est pas français mais autrichien ??), Intouchable d'Eric Tolédano et Olivier Nakache et bien sûr The Artist de Michel Hazanavicius, ce dernier que j'associe à Michel Gondry comme les représentants de cette nouvelle génération de réalisateurs qui prend un certain risque (artistique j'entend bien mais aussi financier car un bide peut ralentir grandement une carrière) le premier ayant porté un projet auquel peu croyait (un film muet et en noir et blanc) jusque la consécration suprême (Oscar du meilleur film, Oscar du meilleur réalisateur), le second se lançant dans des œuvres souvent scabreuses comme la comédie Soyez Sympas, Rembobinez (2008) ou la Science des rêves (2005) reprenant les même ingrédients qu'Eternal Sunshine of the spotless mind (poésie, surréalisme, inventivité...) mais qui fut une déception pour beaucoup. C'est qu'en restant continuellement sur la brèche avec d'un coté forte originalité, innovation scénaristique continue, lyrisme exacerbé, l'on peut parfois tomber de l'autre coté dans un trop plein extravagance qui peut agacer et faire perdre à la longue certains spectateurs.

Et donc, pour en revenir au film dont je souhaite vous parler, il n'y a rien de cela dans Eternal sunshine of the spotless mind et Michel Gondry nous garde bien du bon coté de la barrière avec cette histoire loufoque d'un couple qui, arrivé au bout de son histoire d'amour, décide tout d'abord pour elle (Kate Winslet alias Clémentine) d'effacer de sa mémoire tout souvenir de son idylle, suivi de Joel (Jim Carrey alias Joel), qui, effondré de l'apprendre, contactera lui aussi le médecin à l'origine de ce procédé révolutionnaire Lacuna pour alléger sa douleur. Cependant, Joel se rend compte pendant le processus d'effacement de sa mémoire, l'origine de l'amour singulier le liant à Clémentine et décide de faire machine arrière, une bataille contre Lacuna débutant ainsi dans son inconscient pour préserver coûte que coûte les souvenirs de son amour.

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Je m’arrête là quant à la divulgation du scénario (pas de spoiler) mais vous pouvez maintenant imaginez ce que peut donner cinématographiquement un combat se passant dans la tête d'un homme contre un procédé conçu pour aspirer définitivement une partie de ses souvenirs.

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A ce duo d'acteurs rajoutez au film un autre duo tout aussi déjanté que sont la sublime Kirsten Dunst et un Marc Ruffallo qui décoiffe, et vous avez, même pour l'époque, un vrai casting de blockbuster.

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Pour finir et pour les mauvaises langues qui ne manqueraient pas de faire remarquer d'Eternal Sunshine of the spotless mind n'est pas une adaptation, je répondrais par l'affirmative mais aussi que ma porte d'entrée est ici l’Écume des jours (qui en est bien une) et qu'il y a tout de même un lien entre le film et une oeuvre littéraire (comme pour Alceste à bicyclette ou Les Neiges du Kilimandjaro dont j'ai parlé récemment) puisque le titre Eternal Sunshine of the spotless mind est un vers tiré du poème Eloisa et Abélard d'Alexander Pope et dont voici l'original et la traduction française:

How happy is the blameless Vestal's lot!
The world forgetting, by the world forgot;
Eternal sunshine of the spotless mind!
Each pray'r accepted, and each wish resign'd

Que le sort de l'irréprochable vestale est heureux !
Le monde oubliant, par le monde oublié ;
Éclat éternel de l'esprit immaculé !
Chaque prière exaucée, et chaque souhait décliné.

AL



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