Se déroule ce weekend (11 au 14 septembre) à Vincennes, le 7ème festival consacré aux littératures et cultures d'Amérique du Nord. L'occasion de pouvoir y rencontrer parmi de nombreux auteurs français, haïtiens, canadiens et américains, deux auteurs dont les romans se sont particulièrement remarqués en cette rentrée littéraire : Nickolas Butler (Retour à Little Wing) et Philipp Meyer (Le Fils).
D’AMÉRIQUE ET DE FRANCE
Longtemps la France a rêvé d’Amérique, et ce depuis les premiers voyages de Jacques Cartier dans les années 1530, jusqu’à donner naissance à cette Nouvelle-France qui, à la fin du XVIIe siècle, s’étendait d’un bout à l’autre du continent, d’est en ouest et du nord au sud, de la côte Atlantique aux Grandes Plaines, des rivages de Louisiane à l’immensité des forêts canadiennes.
On oublie souvent combien la présence française a joué un rôle majeur dans le développement de l’Amérique telle que nous la connaissons aujourd’hui. Qu’ils aient été commerçants, militaires, missionnaires, trappeurs ou coureurs des bois, les Français ont exploré le continent, dessiné des cartes, fondé des villes, fait du négoce avec les tribus indiennes, baptisé rivières, lacs et montagnes... L’aventure s’est achevée en 1763 avec la perte du Canada puis en 1803 avec la cession de la Louisiane aux Etats-Unis mais, par leur présence, les Français ont donné naissance à une culture riche et plurielle, toujours vibrante, celle de l’Amérique francophone.
C’est cette Amérique que nous avons choisi de mettre à l’honneur en invitant écrivains et artistes venus du Québec, d’Haïti, d’Acadie, de Louisiane, du Manitoba et de la Saskatchewan. Car en plus d’une histoire et d’une culture, nous avons une langue en partage. Aussi avons-nous souhaité la présence d’écrivains français dans les débats et rencontres. Ils ont été nombreux à accepter notre invitation et nous les en remercions.
Nous sommes également heureux de pouvoir, une fois encore, célébrer la richesse et la diversité des littératures anglophones en accueillant des auteurs venus du Canada et des Etats-Unis. Deux pays auxquels les Français sont attachés, deux cultures avec lesquelles perdure cette relation entamée il y a plusieurs siècles.
Grâce à ces auteurs et à leurs lecteurs mais aussi aux éditeurs, traducteurs, journalistes, libraires et bibliothécaires rassemblés à Vincennes pendant quelques jours, cette septième édition d’America s’annonce exceptionnelle et nous souhaitons, une fois encore, que le livre et la littérature soient fêtés comme il se doit.
Francis Geffard et Pascal Thuot
Bienvenue sur Dandelion
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Le blog estampillé Littérature 2.0
Chroniques littéraires et observateur de la dématérialisation du Livre
Affichage des articles dont le libellé est Retour à Little Wing. Afficher tous les articles
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lundi 8 septembre 2014
dimanche 31 août 2014
L'édito de la rentrée : l'heure est au changement !
L'heure de la rentrée est arrivée, c'est donc le moment des bonnes résolutions. A l'instar de quelques uns de mes collègues blogueurs (http://www.livredelire.com/), j'ai décidé de quelques changements pou Dandelion.
Tout d'abord, n'ayant pas (encore) pris le pas de migrer le blog sur wordpress ou autre, le design et l'organisation de Dandelion vont tout de même sensiblement changer. Nouveaux visuels, catégories repensées, les prochaines semaines feront l'objet de différentes modifications avec un credo: encore plus de littérature.
Alors qu'à la naissance de Dandelion, j'avais pris le parti de parler autant d'adaptations littéraires que de pure littérature, le temps me manquant et bien plus motivé à l'idée de parler encore plus de livres m'ont contraint à mettre cette rubrique en second plan sans pour autant l'abandonner totalement. Ainsi, quelques billets (moins réguliers) devraient encore l'agrémenter à l'avenir. En revanche chaque semaine fera l'objet d'au moins une critique livre pour laisser la part belle à une activité (la lecture) en pleine évolution et dont la rubrique Littérature 2.0 consacrée notamment au phénomène de la dématérialisation du livre et aux bouleversements que ce phénomène engendre continuera d'en être le témoin.
Comme certains l'ont déjà constaté et grâce au groupe Decitre et à son formidable réseau social Entrée Livre d'ailleurs en pleine révolution et qui ont fait de Dandelion un de leur blog ambassadeur dans le cadre de l'opération Coups de cœur des lecteurs VIP de la rentrée littéraire 2014, mon été a été consacré à dénicher les pépites de cette nouvelle rentrée qui voit plus de 600 romans édités. Parmi eux, deux se sont pour ma part déjà fortement démarqués : Le bonheur national brut de François Roux et Retour à Little Wing de Nickolas Butler.
Bonne(s) lecture(s) !
AL
Tout d'abord, n'ayant pas (encore) pris le pas de migrer le blog sur wordpress ou autre, le design et l'organisation de Dandelion vont tout de même sensiblement changer. Nouveaux visuels, catégories repensées, les prochaines semaines feront l'objet de différentes modifications avec un credo: encore plus de littérature.
Alors qu'à la naissance de Dandelion, j'avais pris le parti de parler autant d'adaptations littéraires que de pure littérature, le temps me manquant et bien plus motivé à l'idée de parler encore plus de livres m'ont contraint à mettre cette rubrique en second plan sans pour autant l'abandonner totalement. Ainsi, quelques billets (moins réguliers) devraient encore l'agrémenter à l'avenir. En revanche chaque semaine fera l'objet d'au moins une critique livre pour laisser la part belle à une activité (la lecture) en pleine évolution et dont la rubrique Littérature 2.0 consacrée notamment au phénomène de la dématérialisation du livre et aux bouleversements que ce phénomène engendre continuera d'en être le témoin.
Comme certains l'ont déjà constaté et grâce au groupe Decitre et à son formidable réseau social Entrée Livre d'ailleurs en pleine révolution et qui ont fait de Dandelion un de leur blog ambassadeur dans le cadre de l'opération Coups de cœur des lecteurs VIP de la rentrée littéraire 2014, mon été a été consacré à dénicher les pépites de cette nouvelle rentrée qui voit plus de 600 romans édités. Parmi eux, deux se sont pour ma part déjà fortement démarqués : Le bonheur national brut de François Roux et Retour à Little Wing de Nickolas Butler.
Bonne(s) lecture(s) !
AL
Rentrée littéraire: Retour à Little Wing de Nickolas Butler
Pour se mettre dans l'ambiance:
Grand amateur de littérature d'outre-atlantique mais plutôt des proses urbaines que de celles des grands espaces, j'angoissais un peu à l'idée de me jeter dans la lecture de Retour à Little Wing de Nickolas Butler estampillé ode au Wisconsin dont le nom de cet état du nord provient du mot indien Chippewa "Ouisconsin" qui signifierait "lieu où il y a de l'herbe". Merci wikipedia. Enfin ça c'est en été puisque cet état, assujetti aux Grands Lacs nord-américains, est recouvert par le gel et la neige une bonne partie des saisons froides. "Lieu ou il a de la neige" devait moins bien sonner en Chippewa. C'est peut être également par le choix de la couverture choisi par les Editions Autrement, vous l’avouerez, beaucoup plus métaphorique que celle de l'édition américaine qui fait vraiment référence à son contenu.
"C'est à cause de nous qu'il y a autant de cerfs. Ce n'est pas leur faute. C'est peut être nous qui sommes trop nombreux : trop de voitures, trop grosse consommation de maïs, trop de constructions, empiétant sur les territoires des loups et des coyotes. J'adore les cerfs."
"Laisse la porte ouverte dans une grande ville et tu te réveilles à poil, sans un meuble. Laisse la porte ouverte ici et un coyote vient te demander l'aumône."
"Puis la ville entière les a entourés en formant une ronde gigantesque où tout le monde frappait des mains, poussait des encouragements et s'embrassait pour ces jeunes époux improbables. Le genre d'enthousiasme débridé qui se forme dans une communauté ensevelie sous la neige et privée de soleil de fin novembre à Pâques."
"Pour moi, c'est ça l'Amérique : des pauvres gens qui jouent de la musique, partagent un repas et dansent, alors que leur vie entière a sombré dans le désespoir et dans une détresse telle qu'on ne penserait jamais qu'elle tolère la musique, la nourriture ou l'énergie de danser.On peut bien dire que je me trompe, que nous sommes un peuple puritain, évangélique et égoiste, mais je n'y crois pas. Je refuse d'y croire."
AL
Liens:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Wisconsin
Grand amateur de littérature d'outre-atlantique mais plutôt des proses urbaines que de celles des grands espaces, j'angoissais un peu à l'idée de me jeter dans la lecture de Retour à Little Wing de Nickolas Butler estampillé ode au Wisconsin dont le nom de cet état du nord provient du mot indien Chippewa "Ouisconsin" qui signifierait "lieu où il y a de l'herbe". Merci wikipedia. Enfin ça c'est en été puisque cet état, assujetti aux Grands Lacs nord-américains, est recouvert par le gel et la neige une bonne partie des saisons froides. "Lieu ou il a de la neige" devait moins bien sonner en Chippewa. C'est peut être également par le choix de la couverture choisi par les Editions Autrement, vous l’avouerez, beaucoup plus métaphorique que celle de l'édition américaine qui fait vraiment référence à son contenu.
Il ne m'aura fallu que quelques pages, pour qu'angoisse et retenue ne volent en éclat tant l'art de Nickolas Butler de vous faire aimer ses personnages s'y imposent derechef. Hank, un éleveur de vaches laitières, Kip un ex-trader de retour de Chigago, Ronnie ancienne gloire locale du rodéo, victime d'un coma éthylique aux séquelles neurologiques irréversibles et Lee devenu star internationale du Rock and Rool et avatar du chanteur Justin Vernon chanteur du groupe Bon Iver, ami d'enfance de Nickolas Butler. Tous ont un indéfectible attachement à la ville qui les a vu grandir, Little Wing. Même Kip et Lee qui l'ont quittée, ne sont parvenus à s'en détacher.
Ode à l'amour ; amour pour sa région du Wisconsin et pour ses personnages envers leur ville de Little Wing, invention de l'auteur en référence à la célèbre reprise de Jimi Hendrix par Stevie Ray Vaughan que vous êtes en train d'écouter, guitariste de génie lui aussi originaire du Wisconsin ; amour pour une femme Beth qui après Little Wing est le second élément cimentant de leur attachement si particulier à une région hostile à beaucoup d'Américains, trou du cul d'un pays où ne vivent plus que des Cul terreux de plus en plus pauvres à nourrir leurs bouches.
Oui c'est l'autre talent de Nickolas Butler, nous faire aimer son Amérique au détriment de celle qui nous faisait rêver, celle des grandes métropoles. Celle aussi de gens simples des Etats méconnus, vide de ce que l'Amérique sait offrir de plus clinquant mais empli d'attachement aux plaisirs simples et aux bienfaits d'une nature encore préservée.
Avec un choix narratif d'une jubilatoire originalité, Nickolas Butler donnant tour à tour la parole aux quatre amis et à Beth épouse de Hank, Retour à Little Wing se veut aussi un véritable essai sur les fondements des liens inaltérables qui peuvent unir quatre amis d'enfance si différents les uns des autres ainsi que le danger pour celle-ci de devoir se mesurer au sentiment amoureux.
Quel livre !
Morceaux choisis:
"C'est à cause de nous qu'il y a autant de cerfs. Ce n'est pas leur faute. C'est peut être nous qui sommes trop nombreux : trop de voitures, trop grosse consommation de maïs, trop de constructions, empiétant sur les territoires des loups et des coyotes. J'adore les cerfs."
"Laisse la porte ouverte dans une grande ville et tu te réveilles à poil, sans un meuble. Laisse la porte ouverte ici et un coyote vient te demander l'aumône."
"Puis la ville entière les a entourés en formant une ronde gigantesque où tout le monde frappait des mains, poussait des encouragements et s'embrassait pour ces jeunes époux improbables. Le genre d'enthousiasme débridé qui se forme dans une communauté ensevelie sous la neige et privée de soleil de fin novembre à Pâques."
"Pour moi, c'est ça l'Amérique : des pauvres gens qui jouent de la musique, partagent un repas et dansent, alors que leur vie entière a sombré dans le désespoir et dans une détresse telle qu'on ne penserait jamais qu'elle tolère la musique, la nourriture ou l'énergie de danser.On peut bien dire que je me trompe, que nous sommes un peuple puritain, évangélique et égoiste, mais je n'y crois pas. Je refuse d'y croire."
AL
Liens:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Wisconsin
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