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Le blog estampillé Littérature 2.0

Chroniques littéraires et observateur de la dématérialisation du Livre

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dimanche 16 novembre 2014

La part des ténèbres de Stephen King

Pitch de l'éditeur (POCKET) :

Tu croyais pouvoir te débarrasser de moi. Tu pensais qu'avec un enterrement bidon pour mes fans et pour la presse, tout serait réglé. Tu te disais : " Ce n'est qu'un pseudonyme, il n'existe même pas. " Tu te disais : " Fini George Stark, maintenant consacrons-nous à la vraie littérature... " Pauvre naïf ! Ça a dû te faire un choc quand tu as vu la fausse tombe grande ouverte, hein ? Et cette série de meurtres abominables ? Exactement comme dans nos romans ! Sauf que, cette fois c'est réel, bien réel. Non, ne t'imagine pas que tu vas pouvoir te débarrasser si facilement de moi. Je suis ton double, ta part de ténèbres... Et j'aurai ta peau !

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***
Je ne me considère pas comme une fan absolu de Stephen King. Pas comme tous ces lecteurs de la première heure, pour qui toute nouvelle publication reste un événement fondamental et qui connaissent sur le bout des doigts l'ensemble de son oeuvre, l'appréciant d'une manière presque uniforme. Non. Certains de ses romans me sont bel et bien tombés des mains et d'une façon quasi définitive. Pourtant il est sans conteste un écrivain majeur de mon univers, une substance dans laquelle je retombe régulièrement sans possibilité de sevrage. En analysant bien la chose et en considérant une certaine aversion pour la Fantasy (dont Stephen King a contribué avec son mythique cycle de La Tour Sombre et dont nombre de ses romans en sont empreints comme par exemple Le Fléau, considéré comme l'une de ses plus importantes créations et dont le conflit mystique entre les forces du bien et celles du mal m'avait pourtant laissé de marbre, difficile à assumer lorsqu'il est le préféré de son auteur, dixit l’intéressé...), je me suis rendu compte que j'avais simplement, en matière de littérature comme au cinéma, d'un réel et simple besoin d'y croire, d'être convaincu. Doux paradoxe quand justement vous surfez sur la vague du fantastique et de l'horreur.

Ainsi, pour en revenir à La part des ténèbres, rien n'était gagné. Le postulat de départ n'avait vraiment rien pour me convaincre. Un écrivain, Thad Beaumont, qui ne connu qu'un succès d'estime pour ses romans écrits sous son propre nom et qui pour s'affranchir du chantage d'un fan plus clairvoyant que les autres, se décide à faire mourir son double, George Stark (au sens propre comme au figuré, un pastiche d’enterrement avec séance photos à l'appui au coté d'une fausse pierre tombale étant même orchestré), avec qui il connu la gloire pour une série de romans hyper-violents aux antipodes des ses aspirations initiales ; ce dernier, dans un processus mystérieux et ésotérique, prenant vie et, bien décidé à venger cet affront que lui fait son créateur, entame une quête meurtrière dont les modes opératoires ressemblent trait pour trait à ceux de l'anti héros de Stark, Alexis Machine, éliminant tour à tour des proches de Thad plus ou moins mêlés à cette mascarade. Scénario, il faut le reconnaître, plutôt alambiqué.

Pourtant, si vous osez La part des ténèbres, vous serez, j'en suis convaincu, happé comme je l'ai été par la talent de Stephen King a vous emporter avec des histoires aussi biscornues. La part des ténèbres n'est pas reconnu comme l'une de ses œuvres majeures. Pourtant, même si je n'ai pas encore une vue exhaustive de la choses (l'aurais-je un jour ?), ce roman est situé très haut dans ma top liste. Stephen King y parvient avec maestria a vous faire accepter l'impossible, vous conduisant, à l'aide d'ingrédients empruntés au thriller-policier, vers un feux d'artifice final ou la qualité de son écriture accouche d'une véritable anthologie de la littérature d'épouvante. Les descriptions mettant en scènes les moineaux, oiseaux psychopompes, présents tout au long de l'intrigue y devenant aussi effrayantes que jubilatoires.

Mais comme dans beaucoup de ces œuvres, Stephen King propose également dans La part des ténèbres, une seconde lecture. Celle qui montre la difficulté de vivre, lorsque l'on est écrivain, avec le succès presque inespéré d'un pseudonyme créé pour se désolidariser des règles que l'on s'était fixé comme credo indéfectible. Stephen King rend ainsi hommage à son propre double, Richard Bachmnan, sous couvert duquel il écrivit  plusieurs romans (dont Running Man) et dont la supercherie fut dévoilée par un illustre inconnu, un libraire prénommé Steve Brown ce qui amusa beaucoup Stephen King.

AL

Bande annonce de l'adaptation de La part des ténèbres par George Romero :


La part des ténèbres  - Bande annonce VO par _Caprice_



lundi 20 octobre 2014

Différentes saisons de Stephen King

Ma chronique de la semaine dernière était consacrée au recueil de nouvelles Tout est Fatal de Stephen King dans laquelle je mettais en avant son savoir faire en la matière. Mais au-delà du roman et de la nouvelle, il est un autre domaine pour lequel Stephen King a consacré une part non négligeable de son oeuvre : la novella. Cette hybride, trop court pour être considéré comme un roman mais plus long qu'une simple nouvelle, n'a jamais été la tasse de thé des éditeurs qui l'ont souvent boudée. Pourtant, celle-ci devrait aujourd'hui voir sa popularité remonter en flèche grâce à la littérature digitale avide de format différents, plus courts pour contenter un nouveau lectorat dont le nouveau credo est l’enchaînement, et la perspective de la lecture d'un pavé de 600 pages demeurant pour eux, quasi rédhibitoire.       

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Sommaire:

Espoir, éternel printemps
Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank

Été de corruption
Un élève doué

L'automne de l'innocence
Le corps

Un conte d'hiver
La méthode respiratoire

***

Résumé de l'éditeur (Albin Michel) :

Printemps - l'histoire d'un prisonnier innocent qui prépare l'évasion la plus extraordinaire depuis celle du comte de Monte-Cristo... 

Été - un jeune adolescent découvre le passé monstrueux d'un vieillard et joue avec lui une variante terrible du chat et de la souris... 

Automne- quatre garçons turbulents s'aventurent dans les forêts du Maine, à la découverte de la vie, de la mort et des présages de leur destin... 

Hiver - dans un club étrange, un médecin raconte l'histoire d'une femme décidée à accoucher quoi qu'il arrive... 

Ces quatre récits prouvent triomphalement que le grand Stephen King est capable de transcender l'horreur sans abandonner son style singulièrement entraînant, sa façon imagée de rendre le décor et les personnages, et ses intrigues haletantes, suspendues au bord du gouffre.Différentes saisons : quatre joyaux, d'une lecture irrésistible.

***

L'Amérique ayant toujours gardé une certaine appétence pour le genre, même si, comme le dit Stephen King, les magazines qui lui faisaient la part belle, ainsi qu'à la nouvelle plus courte, ont tous pratiquement disparu, celui-ci n'eut jamais tellement de mal à faire publier ses novellas, dont son oeuvre en fut régulièrement émaillée, les faisant compiler pour convaincre et satisfaire son éditeur, dans un seul et même ouvrage.

C'est le cas de Différentes Saisons, compilation de quatre histoires publiées en 1982, dont trois ont la particularité de ne pas avoir été inspirées par son genre de prédilection, ne comportant aucun élément fantastique, en faisant ainsi un ouvrage singulier de son oeuvre.

L'autre paradoxe de Différentes Saisons est que même sans être des aficionados de Stephen King, beaucoup connaissent au moins l'une des trois premières histoires, ayant accouchées d'adaptations cinématographiques toutes trois remarquées et dont la première Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank a engendré l'une des plus réussie, adaptée sous le titre Les Evadés sous la direction de Frank Darabont ; Le Corps étant devenu Stand By Me en 1986 (dirigé par Rob Reiner) et Un élève doué porté à l'écran par Bryan Singer en 1998. 

Pourtant, même en connaissant l'une ou l'autre de ces histoires, Différentes Saisons conserve un intérêt littéraire indéniable, Stephen  King y ayant porté son savoir faire de compteur d'histoire (Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank est d'une construction diabolique), son génie du rythme (Un élève doué est étouffant de bout en bout) et sa capacité à rendre des personnages d'enfants ou d'adolescents d'une profondeur rare, à son paroxysme.

Ainsi, si vous n'avez jamais lu Stephen King, l'horreur ou la SF constituant pour vous un biais insurmontable, Différentes Saisons est le titre idoine pour le découvrir, le dernier mini roman, La méthode respiratoire, constituant alors une immersion dans son domaine de prédilection, histoire de vous convaincre qu'avec lui, il n'y a point de sous genre. 

A noter, que cette dernière histoire, La méthode respiratoire devrait elle aussi se voir adapter sur grand écran, Scott Derrickson, le réalisateur de Sinister avec en vedette Ethan Hawke, s'étant emparé de ses droits en 2012.

AL


vendredi 10 octobre 2014

Tout est fatal de Stephen King


Cette phrase, tirée de l'introduction de Tout est Fatal, résume assez bien le ressenti que vous aurez si vous y cherchiez une quelconque méthode à l'écriture de la nouvelle. 

Car, si cette forme littéraire, dont nombre d'écrivains en herbe se sont emparés pour se faire la plume, apparaît comme l'exercice idéal lorsque l'on se décide à écrire, elle demeure chez Stephen King aussi magistrale, élaborée, inspirée voire jubilatoire que les plus ambitieux de ses romans. Dans Tout est Fatal comme dans l'intégralité de ces autre recueils, il porte cet art à l'excellence.       

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Table des matières:

Salle d’autopsie quatre
L’homme au costume noir
Tout ce que vous aimez sera emporté
La mort de Jack Hamilton
Salle d’exécution
Les petites sœurs d’Eluria
Tout est fatal
L.T. et sa théorie des A.F.
Quand l’auto-virus met cap au nord
Déjeuner au Gotham Café
Cette impression qui n’a de nom qu’en français
1408
Un tour sur le bolid’
Petite chansseuse


De l'horreur bien sûr, avec un homme qui vit sa propre autopsie en Salle d'autopsie 4, une rencontre avec L'homme au costume noir, l'incarnation du diable ou un tableau maléfique qui se transforme dans Quand l'auto-virus met cap au nord ; de l'heroic-fantasy avec Les petites sœurs d'Eluria tiré de la saga La Tour Sombre mais aussi des thèmes moins inspirés par ses genres de prédilection comme un homme suicidaire dont le principal hobby est de compiler les graffitis que l'on peut lire ça et là dans les toilettes publiques dans Tout ce que vous aimez sera emporté (ma préférée du recueil) ou en s'emparant du mythe de la pièce porte-bonheur dans Petite Chansseuse (la faute est volontaire) ; avec tout de même l'inventivité propre au maître qui laisse toujours une impression d'étrangeté sur chacune d'entre elles.

Ainsi, Tout est Fatal est un joli condensé pour (re)découvrir ce dont est capable Stephen King, avec la satisfaction de pouvoir lire une histoire complète en une seule séance de lecture.

AL

Morceaux choisis :

"L'aquarelle avait changé (le coup au foie). Pas beaucoup mais avait changé de manière indiscutable. Le sourire du blondin s'était élargi, révélant le reste de ses dents effilés de cannibales. Il avait les yeux un peu plus plissés, aussi, ce qui donnait à son visage une expression plus mauvaise et entendue que jamais."

Extrait de Quand l'auto-virus met cap au nord


"Il est arrivé que tu m'agaces, mon chou, mais je pense encore aujourd'hui que tu es quelqu'un de gentil et de tendre, et que tu restera toujours pour moi ma petite pomme d'amour et mon gentil nounours, quoi qu'il m'arrive dans la vie. C'est simplement que j'ai décidé que je n'étais pas faite pour être la femme d'un empaqueteur de jambons. Je ne dis pas ça par orgueil, pas du tout. J'ai même appelé aux Consultations Psy, l'autre jour, et c'est une décision que j'ai eu du mal à prendre, tandis que je restais allongée sans dormir, nuit après nuit (à t'entendre ronfler mon garçon, et je ne veux pas te vexer, mais as-tu déjà dormi à côté d'un ronfleur?), et j'ai eu ce message: 
On peut faire une fourchette d'une cuillère cassée. Je n'ai pas compris sur le coup, mais je n'ai pas renoncé."

Extrait de L.T. et sa théorie des A.F.


mardi 7 octobre 2014

Edito n°2 : Stephen King à l'honneur sur Dandelion !

Comme certains l'avaient compris, Dandelion apprécie beaucoup l'auteur américain spécialisé dans la SF et l'horreur : Stephen King.

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A ce titre, les chroniques le concernant commençant à s'accumuler quand d'autres sont d'ores et déjà en préparation ( les 2 prochains billets consacrés aux maîtres reviendront sur le recueil de nouvelles Tout est Fatal et à celui de novellas Différentes saisons), une page répertoriant l'ensemble des posts de Dandelion dédiées aux maître était devenue indispensable.

C'est aujourd'hui chose faite et vous trouverez donc désormais, dans le bandeau rose répertoriant l'ensemble des rubriques de Dandelion, une page intitulée sobrement Stephen King.

A l'intérieur de celle-ci sont déjà présentes les chroniques de quelques uns de ces romans (22/11/63, Sac d'Os ou encore CA...) et un billet-résumé de sa tournée de novembre 2013 en France.

 Fans de Stephen King ? N’hésitez pas à venir y jeter un œil et partager vos impressions et avis de lecture !

A bientôt.

AL

mardi 23 septembre 2014

Ça de Stephen King

Deux œuvres de Stephen King ont tendance à revenir souvent dans la bouche des aficionados du maître lorsque l'on évoque avec eux celles qui les ont le plus marquées : Le Fléau et Ça. Toutes deux publiés en langue original au tout début de sa carrière (1978 pour Le Fléau et 1986 pour Ça), ces deux blockbusters ont pour ma part été au moins rattrapé dans l'anthologie par le plus récent et magistral 22/11/63

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Pitchs de l'éditeur (Editions J'ai lu):

Tome 1:

La terreur s'incarna pour la première fois dans un bateau en papier journal dévalant un caniveau gonflé d'eau de pluie. Un petit garçon courait gaiement à côté. Il s'appelait George et avait six ans... Pris dans un tourbillon, l'esquif disparut dans une bouche d'égout. L'enfant mit un genou à terre, se pencha...

Des yeux jaunes le regardaient, des yeux comme ceux qu'il avait imaginés le guettant dans la cave... « Salut, Georgie ! » fit une voix... Un clown se dressait dans l'égout. Sa main noueuse comme une patte de rapace tenait un lot de ballons colorés... George tendit le bras... Dans la rue, les gens ne virent qu'un gamin en ciré jaune qui hurlait et se tordait dans le caniveau...
Oeil de salamandre, Queue de dragon, Main de gloire, quoi que ce fût, c'était là de nouveau... ÇA ! L'ordure aux cent têtes...

Tome 2:

Horreur et cataclysmes... Tous les vingt-sept ans le cycle reprend. A Derry, ville d'antiques perversions, la violence atteint alors des sommets de fureur. Jetés sur cette trajectoire infernale, sept mômes ont fait le serment de revenir si ÇA recommençait ! Paume contre paume, ils ont signé de leur sang leur promesse... Bill le Bègue, Richie la Grande Gueule, Ben, dit Meule de foin, Stan, Bev, rousse et belle en diable, et tout le club des ratés...

Qu'ont-ils vu, tous, qui aurait rendu un adulte fou ? Quelle chose innommable ? Obscurs souvenirs... Pour les uns momie aux yeux de goudron frais, pour les autres, oiseau-roc monstrueux, lépreux au nez amputé, loup-garou, vampire à la bouche hérissée de lames de rasoir... Tous avatars de Grippe-Sou, le Clown ! ÇA !
L'ennemi aux cent visages...

Tome 3:

Les souvenirs s'éloignent et s'éparpillent comme des cauchemars... Celui de Grippe-Sou, blême et ricanant ! Vingt-sept ans plus tard, le clown est toujours là, prêt à frapper, à réveiller les monstres d'autrefois et leurs danses macabres. A Derry, Bill et ses amis sont revenus, fidèles à leur serment. Mais croient-ils toujours à la magie qui, seule, rend la magie possible ? Sauront-ils imaginer le pieu ou le lance-chiques, capable de tuer l'Alien ?

Pour la seconde fois, ils plongent dans les trous de Morlock. Mortelle randonnée ! Dépouillé de ses masques et de ses colifichets, le clown attend, figé dans les lumières mortes. Dernière illusion ! Chute sans fin dans les rapides de l'effroi... ÇA est là ! Sphinx gluant gluant de pattes et de poils ! Œil hypnotique et reptilien ! Et qui n'a jamais eu peur de ÇA ! Le spectre de nos peurs ancestrales...

***
Stephen King a mis plus de 4 ans pour venir à bout de Ça (9 septembre 1981 au 28 décembre 1985). Une fois le dernier tome refermé, l'impression est qu'il n'y a vraiment rien d'étonnant. Car ce roman, estampillé Frisson/Horreur est bien plus que Ça. Se déroulant sur deux périodes, en 1957-58, pendant la jeunesse du Club des ratés "à l'époque où un enfant pouvait s'extasier pour un bateau en papier" dans laquelle Stephen King  réalise une chronique jubilatoire de la jeunesse en Amérique de la fin des années 1950 puis, à 27 ans d'intervalle (le temps d'hibernation de Ça), en 1985-86 alors que devenus adultes, Bill le Bègue, Richie la Grande Gueule, Eddie l'asthmatique, Ben dit Meule de foin, Stan le juif, Bev la rousse plantureuse  mais sans Stanley n'ayant pas supporté le retour de Grippe-Sous, affrontent pour la seconde fois cette entité maléfique, incarnation du mal absolu qui prend la forme des peurs les plus primaires de ces adversaires et dont seuls l'amitié et la perdurance de leur faculté à croire à l’inimaginable seront leur unique planche de salut, Ça est une brillante réussite du récit raconté sur le mode flash-back, Stephen King passant avec brio (une phrase débutant à la fin d'une époque pour s'achever dans l'autre) et sans la moindre impression de confusion de l'une à l'autre en y ajoutant même des interludes prenant la forme du journal d'un des membres du club, Mike Hanlon, devenu bibliothécaire, pour préciser certains éléments de son intrigue.

Du frisson, il y en a, oui. Mais au delà du summum de toute son oeuvre en la matière, d'un véritable inventaire de l'horreur sous toute ses formes, Stephen King comme à son accoutumé, brosse un portrait de son pays peu recommandable en abordant certains de ses thèmes de prédilection comme les moteurs de la création (Bill Denbrough le bègue est devenu en 1985-86 un écrivain célèbre) la violence enfantine (direct et physique pour la relation de Bev et de son père qui "se fait vraiment beaucoup de soucis pour elle" ou moins évidente chez la mère d'Eddie Kasprak, mère surprotectrice toxique) et la violence conjugale (Bev et son mari) ou le racisme (le récit de l’incendie du Black post) passant de monstres incarnés à d'autres moins visibles mais tous aussi pernicieux.


Beaucoup ont connu Ça grâce à son adaptation TV par Tommy Lee Walace "Il" est revenu diffusé dans les années 1990 sur la chaîne M6 dans une version édulcorée (de sa dimension sexuelle notamment) mais ô combien effrayante lorsque l'on est un préadolescent. Pilier de son oeuvre, Ça méritait sans doute mieux mieux qu"un simple téléfilm et c'est donc tout à fait logiquement que le pavé de Stephen King sera de nouveau adapté, pour le grand écran cette fois-ci, dans un double long métrage d'ores et déjà en préparation par le réalisateur de la série True detective, Kary Fukunaga. 

Ça va refaire parler de lui...

AL

Morceaux choisis:  

"A Derry, la faculté d'oublier les tragédies et les désastres confinait à l'art, comme Bill Denbrough allait le découvrir avec les années."

"Ouai, si on ne peut pas voir à travers le miroir actuellement, nous verrons comme si c'était une vitre après notre mort."

jeudi 26 juin 2014

Joyland de Stephen King

Lorsque comme moi l'on se (re)met subitement à lire Stephen King, l'on se prévient d'un risque - ne plus savoir quoi lire, mais l'on s'impose également une frustration - la presque impossibilité de l'exhaustivité, à moins de lui offrir l'intégralité de son temps de lecture au vue de sa production toujours aussi prolifique.
Ce n'est pas mon cas même si beaucoup de ses romans ont investis ma PAL et qu'il semble être devenu le fil rouge ou point de repère de celle-ci. Depuis sa visite en France en novembre dernier, j'y ai donc consacré plusieurs chroniques (22/11/63, Sacs d'Os, Sale gosse, Dr Sleep, Running Man) et c'est tout naturellement que Joyland sa dernière publication est tombée dans mon escarcelle.

http://blowawaydandelion.blogspot.fr/Joyland de Stephen King couverture US

Pitch de l'éditeur:

Les clowns vous ont toujours fait peur ?
L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ?
Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage…

Mêlant suspense, terreur, nostalgie, émotion, un superbe King dans la lignée de Stand by me.

***
Tiens ! Pour une fois une quatrième de couverture qui ne raconte pas la moitié du livre... Est-elle bonne pour autant ? Oui et non car si elle demeure suffisamment énigmatique, elle est quasi mensongère. En effet, en évoquant la peur des clowns, Albin Michel nous renvoie évidement à Grippe Sou la presque incarnation du mal de Ça (la toute prochaine chronique livre de Dandelion) et qui en prend souvent la forme. Peur et angoisse ? Assurément pour l'éditeur qui craignant sans doute que les lecteurs potentiels de Joyland n'y recherchant que l'horreur et l'épouvante rattachées viscéralement à son nom ne soient un tant soit peu refroidis par un pitch plus proche de son contenu.

C'est que Stephen King s'accorde parfois des histoires un peu moins horrifiques comme les trois premières novellas du formidables recueil Différentes Saisons ( Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank, Un élève doué, le corps - Stand by me en anglais, oui Albin Michel !) ou La Ligne Verte avec tout de même pour ce dernier une touche de fantastique.
Touche de fantastique dont il est tout de même également question dans Joyland, un parc d'attraction au bord de la plage d'Heaven's Bay en Caroline du nord où, au delà de ses attractions phares La Carolina Spin et le Thunderball, le meurtre sordide d'une jeune femme, Linda Gray, sauvagement égorgée, y a été commis. Celle-ci qui semblerait hanter l'attraction dans laquelle elle a perdu la vie, "La maison de l'horreur". 

C'est dans ce parc que Devin Jones, un jeune garçon de 21 ans, alors qu'il est en train de subir sa première déception amoureus,e va s'engager pour l'été afin de gagner les deniers nécessaires pour lui éviter de devoir travailler pendant son année universitaire.   

On a souvent été à deux doigts de le faire, mais sans jamais vraiment aller jusqu'au bout. Elle refusait à chaque fois et je ne l'ai jamais forcée. Dieu m'en est témoin, je me montrais galant. Je me suis souvent demandé ce qui aurait pu changer (en bien ou en mal) si je ne l'avais pas été. Aujourd'hui je sais que les mecs galants tirent rarement leur crampe... Brodez ça sur un canevas et accrochez-le dans votre cuisine.

Il s'y fera des amis pour la vie (Erin Cook et Tom Kennedy), deviendra en quelque sorte et le temps d'un été la mascotte du parc et finira, poussé par une force mystérieuse à vouloir coûte que coûte résoudre le meurtre de  Linda Gray.

J'entend ça et là certains fans du King considérer Joyland, comme mineure au milieu de ces plus récentes publications. S'il est vrai qu'il est surement moins ambitieux que le fabuleux 22/11/63Sac d'Os ou Histoire de Lisey, Joyland ce roman d'apprentissage mâtiné de polar a le mérite de nous raconter une histoire émouvante sur le difficile passage de l'adolescence à l'age adulte, période pendant laquelle les choix sont pourtant si cruciaux, sur les premières désillusions amoureuses et sur les rencontres fondatrices pour le reste de l'existence. 
Avec comme cerise sur le gâteaux un travail énorme (de recherche mais aussi de pure invention précise t'il dans sa postface) effectué par Stephen King quant à cette véritable langue des forains, "la parlure" qui donne à Joyland une vrai authenticité et permet de nous immerger un peu mieux dans les coulisses d'un parc d'attraction du début des années 1970. Chapeau donc à Nadine Gassie et Océane Bies les deux traductrices françaises qui ont su transposer "la parlure" de façon si probante.

Joyland un Stephen King qui sans proposer la dose habituelle d'effrois pourrait bien, avec une fin très touchante, nous tirer quelques larmes...

Les gens trouvent que les premières amours sont tendres. Et jamais plus tendres que lorsque ce premier lien se brise... Il y a bien un millier de chansons pop et country à l'appui : des histoires d'imbéciles qui ont eu le cœur brisé. Le fait est que ce premier cœur brisé est toujours le plus douloureux, le plus long à guérir, et celui qui laisse la cicatrice la plus visible. Tendre, vous croyez?

AL



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mardi 13 mai 2014

Sac d'os de Stephen King


Résumé de l'éditeur (Albin Michel):

Les personnes que l'on aime ne meurent jamais. Depuis qu'elle n'est plus là, Mike n'écrit plus. Reclus dans sa maison, près du lac, son souvenir l'obsède, ses nuits sont des cauchemars. Entre deux mondes, égaré dans une zone incertaine, Mike la cherche. Mais elle n'est plus qu'une ombre... Une ombre parmi celles qui hantent le domaine de Sara Laughs, avides de vengeance, prêtes à faire payer des crimes que l'on croit oubliés. Et lorsque Mike tombe sous le charme d'une fillette de trois ans et de sa mère, une jeune veuve, il ne sait pas que, loin de reprendre goût à la vie, il va devoir affronter le déchaînement de forces surnaturelles et vengeresses. Le roman le plus ambitieux et le plus fort de Stephen King. Fascinante histoire d'amour perdu et ressuscité, Sac d'os est l'aboutissement de toute une oeuvre.
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Stephen King, spécialiste de l'horreur, aura attendu près de 25 ans pour consacrer l'un de ses romans au mythe du fantôme. Si ceux-là étaient bien présents dans Shining (1977), Sac d'os (Bag of bones en anglais) est le premier à en constituer la thématique principale. C'est peut être qu'il ne voulu pas bafouer un thème pour lequel il ne lui était pas permis d'échouer ; ou c'est peut être autre chose. Quoi qu'il en soit, ce Sac d'os demeure l'un de ses romans ayant reçu le meilleur accueil de la critique lors de sa sortie, d'ailleurs récompensé en 1998 par plusieurs prix littéraires (Prix Locus du meilleurs roman d'horreur, Prix Bram Stoker, Prix British Fantasy), demeurant ainsi le livre de Stephen King en ayant le plus remportés. S'il semble avoir encore repoussé ses limites avec 22/11/63 publié en 2013, Sac d'os s'impose en ce qui me concerne comme l'une de ses œuvres majeures au même titre que Misery par lequel j'ai découvert King lors de mon adolescente et pour qui je garde une certaine empathie ou La Part des ténèbres que je place très haut dans la hiérarchie, au coté donc de son uchronie Kenedienne. Mais comme je n'ai pas encore une vue globale de son oeuvre, la hiérarchie pourrait très vite changer, au gré de mes futures lectures puisque pas moins de 10 de ces romans Ça, Histoires de Lisey, Duma Key, Coeur perdus en Atlantide, Rose Madder, Salem, Baazar, Tout est fatal, Nuit Noire, Etoiles mortes ; Joyland  m'étant encore inconnus ont récemment rejoint ma PAL au coté de Toni Morrison ou Philip Roth.

"C'est peut être stupide, mais il peut arriver que les choses marchent simplement parce qu'on pense qu'elles marchent. Il y a là une définition de la foi qui en vaut bien une autre."
      
Sac d'os est un roman riche, construit à l'aide de l'écriture volontairement lente et travaillée de l'écrivain qui a désormais tout son temps. Stephen King a réussi avec brio ce projet si ambitieux : mêler les thèmes de l'amour et du veuvage, du processus de création pour une matière principale (les fantômes) qui n'en devient que le vecteur ; servant à en faire éclater un dernier, le plus puissant du roman et qui en fait le dénouement le plus surprenant et peut être le plus profond de toute son oeuvre. Car sous couvert de l'épouvante ou de la SF, Stephen King ne cessera jamais d'égratigner l'âme humaine, gangrenée par les plus vils vices.

Là où les lenteurs pourtant indispensables de Sac d'os pourraient en faire abandonner plus d'un, Sephen King nous garde sous sa coupe à l'aide de son talent indéniable, la création de personnages toujours plus profonds, pour qui l'on s'attache et parfois s’identifie en quelques pages ; leurs destins même morts (la magie du fantôme) en deviennent alors indispensables. Ainsi, le livre achevé, nous penserons encore un moment à Kyra Devory personnage rappelant les nombreux autres personnages d'enfants émaillant ces histoires ; cette petite fille de trois ans n'est pas sans rappeler Abra Stone de Docteur Sleep, Charlie dans le roman éponyme ou le petit Danny Torrance de Shining. D'ailleurs, Stephen, Kyra Devory a aujourd'hui près de 20 ans, a-t-elle comme Danny, su survivre à ses démons ?

AL

Liens:

- http://www.albin-michel.fr/Sac-d-os-EAN=9782226105660

http://www.telerama.fr/livres/sac-d-os,104443.php



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dimanche 6 avril 2014

Sale Gosse de Stephen King

Etant enfin venu à bout du pavé de Tom Wolfe Le Bûcher des vanités, j'avais besoin d'une transition plus légère afin de reprendre mon souffle. Oui, évidement je considère Stephen King comme l'un des leurs mais avec Sale Gosse la nouvelle exclusivement publiée en e-book en France et en Allemagne afin de remercier ses fans de leur accueil en novembre dernier à l'occasion de sa tournée promotionnelle pour Docteur Sleep, je ne me lançais pas illico dans un nouveau roman fleuve.

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Et ce cadeau que Stephen King nous fait n'est pas en toc. Nous le connaissions grand spécialiste de la nouvelle, il nous en offre une qui pourrait aisément trouver sa place dans ses recueils les plus fameux comme Brume ou Rêves et Cauchemars, dans lesquels se trouvent celles parmi les plus terrifiantes de l'auteur pour cette histoire narrée par George Hellas, un ancien comptable considéré par tous ses proches comme un philanthrope et qui raconte à son avocat Len Bradley comment il s'est retrouvé dans le couloir de la mort, à cause d'un Sale Gosse portant une ridicule casquette à hélices.

Seul bémol, son prix, 3,99 €, à peine plus cher qu'un bon roman de poche du King avec une durée de vie foncièrement plus modeste.

Ne serait-ce pas plutôt une offrande de Stephen King à son éditeur, Albin Michel ?

AL


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dimanche 23 février 2014

22/11/63 de Stephen King

L'uchronie est à la mode. Ce genre littéraire, prisé surtout des auteurs de SF (lire l'article du webzine le cafard cosmique lui étant consacrée) et qui consiste, pour un écrivain, à proposer une alternative à un pan de l'histoire sous la forme de la question "et si...?", a vu sa cote remonté en 2013 avec plusieurs œuvres remarquées comme La Véritable Histoire de Lady L. de la bangladaise Monica Ali où elle imagine la suite de la vie de Lady Di  qui ne se serait donc pas achevée tragiquement contre un pylône du tunnel du pont de l'Alma ou Il est midi dans le siècle de Léon Mercadet et Michel-Antoine Burnier qui inventent un Lénine, victime d'un accident de train sur le chemin de Petrograd.

Plus personnellement, mon parcours de lecture m'en a fait découvrir deux, le thriller historique de Robert Harris Fatherland, une enquête suite à l'assassinat de deux anciens S.S. de haut rang dans une Allemagne qui aurait gagné la seconde guerre mondiale ainsi que le génialissime Replay de Ken Grimwood relatant les pérégrinations dans le temps de Jeff Winston un homme de 43 ans qui meurt subitement d'une crise cardiaque et se réveille dans sa chambre d'étudiant, âgé de 18 ans et lesté de tous les souvenirs de sa précédente existence.

Le mythe de la machine à remonter le temps était un thème que Stephen King n'avait pas encore abordé dans sa bibliographie. Avec 22/11/63, il répare ce manque avec un brio tel que le roman se place, sans aucun débat parmi ses plus réussis.

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Résumé de l'éditeur:

Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, n’a pu refuser d’accéder à la requête d’un ami mourant : empêcher l’assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l’entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l’époque d’Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d’un taré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d’une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake, un amour qui transgresse toutes les lois du temps.
Avec une extraordinaire énergie créatrice, King revisite au travers d’un suspense vertigineux l’Amérique du baby-boom, des « happy days » et du rock and roll.

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Parmi les fans de Stephen King, il y a tout d'abord les inconditionnels, les aficionados, ceux pour qui la sortie de l'une de ces nouvelles publications est un événement qu'ils ne manqueraient pour rien au monde. Ceux-là ont pour la plupart tout lu ou presque. J'en connais même qui se contentent uniquement de son oeuvre et qui la relise inlassablement. 

Et puis il y en a d'autres, qui soupèsent, piochent, s'interrogent sur l'un ou l'autre de ses livres avant d'y jeter leur dévolu ; qui ont été, si ce n'est déçu, quelques fois circonspects à sa lecture mais qui le citeront pourtant comme l'un de leurs auteurs favoris. Ceux-là vous parlerons avec enthousiasme de leurs romans préférés mais ne rougirons pas en disant que celui-ci ou celui là les a laissé de marbre. Je pense faire partie de cette seconde catégorie. 

De son oeuvre je plébiscite: Misery, La Part des ténèbres, Simetierre, Jessie, Différentes Saisons et Ça. Mais je dois avouer également que Le Fléau m'a profondément ennuyé. Réfractaire à la fantasy, la Tour Sombre n'est pas pour moi. Ayant lâché le maître pendant quelques années, son actualité récente (sa visite en France pour la sortie de Docteur Sleep, la suite de Shining) m'a naturellement fait me repencher sur sa bibliographie et c'est ainsi que Sac d'os et Histoire de Lisey sont venus grossir ma PAL avec la certitude de nouveaux moments de lecture anthologiques.
Vous l'aviez peut-être compris, c'est avec Misery que j'ai découvert Stephen King. D'autres, l'ont découvert récemment avec le roman dont ce billet fait l'objet, 22/11/63, le mythe de l'assassinat de Kennedy à l'heure de sa commémoration les ayant sans doute attirés. De ceux-là je suis sûr que nombreux feront grossir son lectorat. Car c'est toute la quintessence du talent de King qui ressort de ce roman.

Comme si King l'avait compris, il ménage ses nouvelles recrues. Pas de machine truculente pour voyagez dans le temps, nécessité de crédibilité. Oui de crédibilité car la mythe du voyage dans le temps est suffisamment grandiloquent pour n'avoir à en rajouter. Non le vecteur de ce voyage, le passage, la porte se trouve dans un endroit qui pourrait être le fond de notre grenier ou le recoin de la cave. Et l'on se prend presque à y croire, le pavé de plus de 900 pages ne nous fait plus peur et sommes pour un temps Jack Epping et allons donc le porter vers le but de sa vie: changer le monde en empêchant un événement charnière de l'histoire contemporaine, l’assassinat de Kennedy par Lee Harvey Osvald. Son postulat, si Kennedy n'était pas mort à Dallas, du moins le croit-il le monde d'aujourd'hui serait profondément meilleur. 

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Mais après quelques "shoots" de passé, Jack teste sa théorie sur des faits divers plus anonyme ; que se passera t'il dans le présent si l'on évite un drame du passé ?  Et c'est ainsi que les aficionados de King retrouve avec délectation la ville de Derry, à l'époque même où ils l'avaient découvert pour la première fois en 1958, dans le roman Ça, où ils retrouvent même les deux adolescents facétieux Beverly et Ritchie. Mais "le passé est tenace, il ne veut pas être changé" et Jack semble devoir lutter contre des forces obscures pour parvenir à ses fins. Mais comme le passé, Jack est tenace et décide donc de rester plus de 5 ans de sa vie dans les années 50.
C'est ainsi, qu'avec ses thèmes de prédilection l'alcoolisme/ la violence du père/l'écriture c'est une véritable chronique des fifthies qu'il nous est offert, une immersion dans l'époque des happy days pour qui les américains demeurent si nostalgique.

"Être chez soi, c'est regarder la lune se lever sur la vaste terre endormie et pouvoir appeler quelqu'un à la fenêtre pour la contempler ensemble." 
 5 ans, ça laisse le temps de faire sa place, de se trouver un chez soi. Alors que Jack sait qu'il doit fuir autant que faire se peut quelque attachement, il tombe amoureux d'une grande fille dégingandée, Sadie. L'amour occupe ainsi une part importante du livre comme rarement dans un roman de King.

Arrivé dans la course finale, tout s’accélère. Pa des tonnes de pages historiques trop pointues, juste ce qu'il faut en évitant l'écueil conspirationniste où King lâche les chevaux et ne ménage plus rien ni personne.

22/11/63 serait-il LE roman de Stephen King ?

AL 

Liens:


http://www.actusf.com/spip/10-Uchronies-incontournables.html

http://www.cafardcosmique.com/Uchronies-et-si

http://www.lexpress.fr/culture/livre/uchronies-l-histoire-avec-des-si_1222381.html

http://www.telerama.fr/livres/22-11-63,93634.php



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dimanche 12 janvier 2014

Docteur Sleep de Stephen King

Beaucoup considère le roman The Shining de Stephen King publié en 1977 comme l'oeuvre majeure de sa bibliographie. Ne nous le cachons pas, c'est surtout grâce à l'adaptation qu'en a fait Stanley Kubrick que les non-initiés de l'auteur l'ont connu. Celle-ci, véritable trahison envers son oeuvre dixit le maître et qui de surcroît, comme le dit à juste titre holden sur le webzine envrak.fr dans une excellente chronique, a eu, à la longue, tendance à phagocyter l'original dans les mémoires collectives.

Les autres, littéralement happés par ses romans qui ont revisité/revitalisé un genre littéraire - l'horreur/L'épouvante/le fantastique considéré comme beaucoup comme un sous genre - et qui l'ont suivi un temps et le lisent encore pour certains aujourd'hui auront bien du mal à s'entendre sur l'une des ses nombreuses publications (56 livres à la fin de l'année 2013) pour en ressortir une du lot.

Malgré cela, et comme les fans de Bret Easton Ellis ont pu s'en réjouir en 2010 avec la publication de Suite[s] Impériale[s] 25 ans après son premier roman mythique Moins que Zéro, la suite d'un roman qui a fait de son auteur un écrivain éminemment lu demeure toujours un événement particulier, alors, lorsque nous parlons de l'un des auteurs vivants ayant le plus vendu à travers le monde (350 millions d'exemplaires), cet événement devient tout simplement un véritable buzz littéraire dont l'éditeur tentera, par tous les moyens dont il dispose, à accentuer la résonance.

Ainsi, le désir de l'éditeur français de Stephen King, Albin Michel, de faire le plus de bruit possible sur cet événement qui avait lieu à quelques encablures des fêtes de fin d'année, n'ayant eu d'égal que la très longue attente de ses plus grands fans français, bien aidé il est vrai par la décision de l'écrivain de venir à Paris pour la première fois assurer lui même la promotion de son dernier livre a engendré l'organisation presque inédite en Europe d'un véritable show à l'Américaine (il y a une certaine logique tout de même à recevoir un hôte de marque en adoptant ses mœurs) sorte de conférence/rencontre avec l'écrivain qui s'est déroulé au Grand Rex le 16 novembre dernier et dont vous pouvez retrouver la vidéo complète en cliquant sur le lien.

Vous l'avez compris je faisais partie de ces hordes de lecteurs et ayant fait la queue quelques heures (les places ne sont pas numérotées) et étant enfin assis à quelques rangs seulement de la scène, un exemplaire de Docteur Sleep offert par Albin Michel entre les mains et alors que le spectacle allait bientôt commencer, une question me vint à l'esprit en fixant cette magnifique couverture: Docteur Sleep sera-t-il à la auteur de tout ce remue-ménage ?

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Résumé de l'éditeur:

Docteur Sleep : la suite de Shining

Danny Torrance a grandi. Ses démons aussi... Hanté par l’idée qu’il aurait pu hériter des pulsions meurtrières de son père Jack, Dan Torrance n’a jamais pu oublier le cauchemar de l’Hôtel Overlook. Trente ans plus tard, devenu aide-soignant dans un hospice du New Hampshire, il utilise ses pouvoirs surnaturels pour apaiser les mourants, gagnant ainsi le surnom de « Docteur Sleep », Docteur Sommeil. La rencontre avec Abra Stone, une gamine douée d’un shining phénoménal, va réveiller les démons de Dan, l’obligeant à se battre pour protéger Abra et sauver son âme...

Stephen King, pour Docteur Sleep, a été élu « Meilleur roman fantastique de l’année » par le magazine LIRE.

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Lors de cette fameuse soirée, après avoir répondu aux questions d'Augustin Trapenard et de Maxime Chattam, le micro se balade dans le public permettant aux fans les plus courageux de poser une question à Stephen King. Peu ose s'y coller mais une jeune fille à quelques rangs de moi réclame tout de même le micro, trépignante d'impatience. Celle-ci, pleine d'émotion, visiblement très émue de le rencontrer, déclare que c'est le plus beau jour de sa vie. Elle a 16 ans. 
Ses premiers lecteurs, adolescents au milieu des années 1970 ont aujourd'hui la cinquantaine bien tassée. Ainsi, le caractère intergénérationnel de son lectorat y est assurément pour beaucoup dans sa longévité. Evidemment Stephen n'ayant jamais arrêté d'écrire, il eut été intéressant de connaitre les livres préférés de ces toutes nouvelles recrues. Ses premiers romans y ont-ils encore autant de succès que ces publications plus récentes ? Je le pense sincèrement, et j'imagine bien cette jeune ado découvrir Stephen King en piochant dans la bibliothèque poussiéreuse de sa mère.

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Pour revenir à Docteur Sleep, ces deux-là, qui se sont vu offrir gracieusement, comme moi, un exemplaire chacune du livre, ont à coup sûr des motivations différentes, peut-être l'une de connaitre ce qui a pu advenir du jeune Danny Torrance, l'autre de lire un bon roman fantastique avec une seconde lecture qu'elle ne retrouvait pas dans les young-adults books à la mode.
Car Docteur Sleep peut tout à fait se lire sans rien n'y connaitre de The Shining, alors que je m'étais empressé, à défaut de relire le roman, d'au moins revoir son adaptation.

Les inconditionnels de The Shining seront surement déçus car point de huit-clos angoissant ou de nouvelle apologie de la peur dans Docteur Sleep mais une histoire, rappelant un autre roman du King, Charlie, où l’héroïne pourrait bien être la grande sœur d'Abra Stone dans Docteur Sleep.
Stephen King n'a pas perdu ce que je considère pour ma part comme une performance sans cesse renouvelée dans chacune de ses histoires, c'est cette capacité qu'il détient à créer des personnages empathiques, de savoir les installer en quelques pages de façon a priori anodine et avec qui le lecteur sera immédiatement disposé à accompagner tout le long d'un roman qui pour ce qui concerne Stephen King est tout de même souvent un gros pavé qui fait peur et cela même avant de l'attaquer.

L'on se délecte donc de retrouver Danny Torrance, qui a vaincu ses démons et va devenir le guide d'Abra possédant un shining ô combien plus puissant que le sien. Ces deux-là vont être au prise avec le Noeud-vrai, sorte de vampires modernes qui ne sucent pas le sang mais se nourrissent des émotions inhérentes à la mort (le 11 septembre 2001 fut ainsi un excellent millésime pour eux) ou des pouvoirs psychiques des enfants comme Abra et qui seraient très nombreux à travers le monde selon l'écrivain. Sur ceux-ci, Stephen King s'est encore surpassé en développant sans retenue ces personnages pourtant secondaires aux surnoms plus baroques les uns que les autres: Rosie Claque la meneuse de troupe, Papa Skunk, Sarey La Muette, Andi la piquouse, Phil Ampèt pour les rendre, au moins dans la première moitié du livre, encore plus effrayants.

Avec en filigrane, une réflexion sur l'alcoolisme et sur le déterminisme social, même si Docteur Sleep n'est pas la suite effrayante que certains attendaient, n'en n'est pas moins un bon Stephen King que l'on ne classera pas dans ses chefs-d'oeuvre au contraire de 22 11 63, autre publication de l'année 2013, que je ne tarderais pas à chroniquer. A très bientôt...

AL         



Liens:



http://www.envrak.fr/livres/docteur-sleep-whats-up-doc/



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samedi 21 décembre 2013

Running man de Stephen King et son adaptation de Paul Michael Glaser

Ceux qui se baladent régulièrement sur la blogosphère connaissent sans doute cette coutume qui y est de plus en plus répandue: celle de se fixer, à soi même ou entre sa communauté de blogueurs, des challenges de lecture.

Trop peur de l'indigestion, je préfère pour ma part me fixer de simples thèmes de lecture. C'est ainsi qu'en 2013, j'ai initié celui des grands romanciers américains. Ainsi, Jonathan FRANZEN, Tom WOLFE, Philippe ROTH, John IRVING, Toni MORRISON, William STYRON, Don DeLILLO ou encore Richard POWERS ont déjà, ou viendront agrémenter dans le futur la rubrique "Livres" de Dandelion.

Et alors que Stephen King est venu nous rendre une petite visite en novembre, que ce dernier est assurément l'un d'entre-eux (les grands romanciers américains), une sous-catégorie est venue se greffer à la première et ma PAL (autre terme emprunté à la blogosphère, qui, pour les non-initiés, signifie Pile A Lire, et notion, que pour le coup, j'ai fait mienne) est venue s'agrémenter de certains titres du King: Histoire de Lisey, Sac d'OS, Les 3 tomes de Ça, Chantier; la fin d'année 2013 sera identique au début 2014, accompagnée de Stephen King.
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C'est d'ailleurs, à ce titre que je me suis replongé dans un roman qui n'était pas dans mes aspirations de lecture initiales et que j'ai retrouvé, parmi d'autres titres du King dans un carton abandonné (sacrilège) lors d'un déménagement un peu trop hâtif ; celui-ci ayant aussi l'avantage d'être un roman court, suffisamment pour me faire patienter le temps de recevoir par la poste ce que j'avais réellement choisi: Running Man.
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Description de l'éditeur:

Premier quart du XXIe siècle. La dictature s'est installée aux États-Unis. La télévision, arme suprême du nouveau pouvoir, règne sans partage sur le peuple. Une chaîne unique diffuse une émission de jeux suivie par des millions de fans : c'est " La Grande Traque ". Ben Richards, un homme qui n'a plus rien à perdre, décide de s'engager dans la compétition mortelle. Pendant trente jours il devra fuir les redoutables " chasseurs " lancés sur sa piste et activement aidés par une population encouragée à la délation. Tous les moyens sont bons pour éliminer Ben Richards... Dans ce livre terrifiant, le maître incontesté du suspense, le grand écrivain américain Stephen King, alias Richard Bachman, nous fait vivre cette diabolique course contre la mort sans nous laisser un instant de répit. Fascinant.
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RUNNING MAN: LE ROMAN

Roman court (245 pages dans sa version poche) en rapport aux pavés dont nous habitue aujourd'hui Stephen King alias Richard Bachman, Running Man est un roman d'anticipation dystopique (contre-utopique) de la trempe de 1984 de George Orwell ou de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury et qui imagine l'Amérique en 2025 sous la dictature et en proie à une terrible crise économique. Le Libertel, allégorie de notre téléviseur adoré sert de contrôle des esprits et ne diffuse plus que sur un seul canal et un genre unique de programmes, les jeu. Ben Richard, chômeur et père d'une petite fille malade décide de participer aux sélections pour pouvoir acheter des médicaments et la sauver. "Réussisant" celles-ci, il participe au jeu roi du Libertel, "La Grande Traque" où il devra survivre le plus longtemps possible, poursuivi par "Les chasseurs" et épié par tous les citoyens cherchant la récompense. Et contre toute attente Richard va s'avérer être le meilleur candidat que le programme n'a jamais connu.

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Chapitré de façon originale au compte à rebours (de 100 à 0), Running Man est un roman qui a longtemps été boudé par les fans du King, la couverture représentant la tête Arnold Schwarzenegger, icone kitsch y étant forcement pour quelque chose. Depuis quelques années, ce n'est plus le cas (merci Le Livre de Poche) et le roman a tout pour redevenir un must du roman de SF d'anticipation alors qu'une de ses pâles copies, Hunger Games surfe sur la vague du succès.

Mais au fait, avec l’avènement de la TV réalité, Running Man est-il toujours vraiment une dystopie ?
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RUNNING MAN: L'ADAPTATION
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Le synopsis:

2017. Un policier est arrêté pour avoir désobéi aux ordres en refusant de tirer sur une foule innocente et affamée. Lorsqu'il s'évade de prison, il est remarqué par un animateur de télévision qui veut l'engager (contre son gré) pour son émission The Running Man dans laquelle un homme doit échapper à des tueurs lancés à ses trousses afin d'être libéré de prison.

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Il ne reste aujourd'hui pas grand chose à garder de l'adaptation de Paul Michael Glaser qui n'a pas su faire sa place au cinéma et qui a migré aujourd'hui dans la réalisation de série TV (Esprits Criminels, Las Vegas...), d'autant plus que celle-ci n'avait à l'époque pas gardé grand chose de l'oeuvre initiale de Stephen King.
Libre adaptation, elle avait été taillé pour un seul homme: Arnorld Schwarzenegger.
Exit la chasse à l'homme mortelle au milieu de l'Amérique, Ben Richard est devenu un personnage froid pour qui l'emphathie est impossible et qui évolue dans un espèce de cirque comico-mortel, allégorie des joutes des gladiateurs d'antan.
A part si vous êtes un grand nostalgique de l'acteur autrichien, que vous avez décidé de revoir toute sa filmographie avant la sortie de TERMINATOR 5 fuyez ce nanar kitch, il y a bien d'autres films à voir et si vous cherchez dans le même thème de la dystopie préférez lui Blade Runner ou Mad Max.

Bon, il demeure tout de même un vrai intérêt au visionnage du film: voir évoluer Arnold dans son collant jaune totalement ne pourra que vous faire sourire...

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AL




AND NOW READ A MOTHA FUCKIN BOOK !!!!!

samedi 14 décembre 2013

La tournée française de Stephen King

Comme vous le savez surement (dans le cas contraire, mais où étiez-vous ?) Stephen King, en ce mois de novembre, s'est rendu en France pour la toute première fois à l'occasion de la promotion de son dernier roman Docteur Sleep.

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Vous êtes fan, ce billet ne vous apprendra rien ou presque. Pour les autres, j’espère qu'il vous convaincra de le découvrir si tant est que vous ne l'ayez jamais lu. Car si vous choisissez judicieusement les bons libres (je vais y revenir), vous y passerez assurément quelques heures (jours ?) délectables.

Stephen King, un écrivain de genre ? Pas exactement.

Stephen King a longtemps été considéré comme un écrivain de genre, un auteur spécialisé dans la littérature d'épouvante, de fantastique. Il est vrai que ses premiers succès - Carrie (1974), Salem (1975) et Shining (1977) - plaident indéniablement en faveur de cette thèse.

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Mais aujourd'hui cette étiquette n'est plus tout a fait juste. En 1999, Stephen King fut la victime d'un grave accident (il fut renversé par une camionnette pendant sa balade quotidienne ; accident qui faillit lui coûter la vie), événement qui - comme si la peur de le perdre à tous jamais et de manquer quelque chose de fondamentale avait contraint certains à se pencher plus attentivement sur son oeuvre - marqua un renouveau criant plus dans la considération de la critique que dans son écriture elle même qui pour ma part, avait déjà atteint son apogée pendant la décennie 1990 (Bazzar, Jessie, Dolores Claiborne, Rose Madder, La Ligne verte, Sac d'os). Stephen King fut enfin reconnu par ses pairs en 2003 année où il reçu le National Book Award pour l'ensemble de sa carrière.

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Malgré ce prix, de nombreux critiques et universitaires continuèrent de tirer à boulets rouges sur cet auteur "populaire" dont il est vrai, le succès ne s'est jamais démenti. Stephen King, c'est 40 ans de carrière et 56 livres publiés, soit plus d'un par an et 350 millions d'exemplaires vendus à travers le monde pour cet écrivain "roi" de la narration, maître dans l'art de créer "des personnages ordinaires confrontés à des situations extraordinaires" et chroniqueur sans complaisance de l'évolution de la société américaine contemporaine.

Stephen King et le cinéma

Stephen King, c'est aussi du pain béni pour le cinéma. J'ai déjà parlé il y a peu de Shining de Stanley Kubrick et alors que sort cette semaine une nouvelle adaptation de Carrie réalisé par Kimberly Peirce, il est sans doute, à ce jour, l'écrivain dont l'oeuvre est la plus adaptée. Certaines sont de véritables calamités mais il demeure tout de même de véritables perles, à jamais inscrites à jamais au panthéon du cinéma comme Misery de Rob Reiner, La Ligne verte ou encore Les Evadés toutes deux réalisées par Frank Darabont.  Pour en avoir le cœur net, ne ratez surtout pas le hors-série que leur consacre Mad Movies, disponible le 21 décembre prochain.

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Stephen King, "roi" de la nouvelle

Tout ces titres de livres vous ont donné le tournis ? Vous êtes un peu fainéant, aimez les histoires courtes et fuyez les romans fleuves ? Stephen King a également œuvré pour vous. Auteur de centaines de nouvelles, il excelle également dans ces histoires plus (les deux recueils de 4 nouvelles ou courts romans Différentes Saisons publié en 1982 ou Nuit Noire, étoiles mortes en 2012) ou moins courtes (recueil Danse macabre publié en 1978 ou Brume en 1985) que les fans reçoivent toujours avec une certaine excitation ; plusieurs histoires dans le même livre n'en ai que plus jouissif.

Par quel(s) livre(s) du King commencer ?

Alors que lire en premier si l'on s’apprête à découvrir (quelle chance vous avez) l'oeuvre de King ?
Même si ce choix est très personnel, je m'y prête volontiers:

Les romans:
- parmi les classiques de l'épouvante: Carrie, Shining et le roman (en 2 ou 3 tomes, selon l'édition) ÇaSimetierre et Jessie

-  dans le genre fantastique: La Ligne Verte et Dôme

- les romans dont les personnages principaux sont des écrivains: Misery, La part des ténèbres (encore à ce jour mon King préféré), Histoire de Lisey ou Sac d'Os

Les recueils de nouvelles: Différentes Saisons, Danse macabre et Brume

La perle uchronique: 22/11/63.

Sa saga fantasy: La Tour Sombre.

La tournée française de Stephen King

Et puisque que vous avez surement cliqué sur cette page pour en savoir plus sur la folle semaine de Stephen King en France, ce qui suit est pour vous:

Résumé du périple de Stephen King par le site Club Stephen King:

http://club-stephenking.fr/2130-stephen-king-va-venir-en-france

Et celui de l'autre site de référence sur l'auteur www.stephenkingfrance.fr:

http://stephenkingfrance.fr/stephen-king-en-france/

AL

Liens:

La conférence de presse du 12 novembre:



Article Télérama du 12 novembre "Stephen King, l'Amérique et ses démons:

http://www.telerama.fr/livre/stephen-king-quarante-ans-qu-il-nous-epouvante,104396.php

Emission La Grande Librairie du  14 novembre:



Interview le mouv (radio) du 15 novembre:



La superbe page concocté par le moov sur son site internet:

http://www.lemouv.fr/evenement-stephen-king-l-interview-exceptionnelle

La vidéo de la soirée au Grand Rex du samedi 16 novembre:





samedi 16 novembre 2013

Shining de Stanley Kubrick adapté du roman de Stephen King


Si vous suivez régulièrement Dandelion depuis sa naissance vous savez que je voue un véritable culte pour l'auteur américain Stephen King (à ce titre relisez le billet sur L'Age des Miracles de Karen Thompson Walker).

Et si vous vous intéressez aussi un tant soit peu à l'actualité littéraire vous n'avez bien sûr pas manqué que le maître de l'épouvante est pour la première fois en France cette semaine dont le point d'orgue sera une conférence/rencontre au Grand Rex le samedi 16 novembre 2013 à laquelle j'aurais le privilège d'assister parmi environ 2000 autres chanceux (promis il y aura un large billet consacré à celle-ci) et qui a pour but principal de promouvoir son nouveau roman Doctor Sleep.

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La vie de beaucoup de personnages de Stephen King reste en suspens une fois que les romans dans lesquels ils évoluent s'achèvent. Certains ne seront, au grand dam de certains fans, sans doute jamais repris par l'auteur pour de nouvelles créations. Ce ne sera pas le cas de Danny Torrance.

Stephen King avoue à demi-mot avoir décidé d'exhumer Danny Torrance, le personnage central de son nouveau roman - et l'un de ceux d'un de ces plus grands succès, ShiningDanny est le fils de Jack Torrance - de part l’insistance de certains de ces fans qui lui ont souvent demandé ce qu'était devenu Danny après avoir été sauvé in extremis de la folie de son père.

Le désir de leur répondre a finalement pris le pas sur d'autres histoires et nous allons enfin savoir ce qu'est devenu Danny.

Mais avant cela revenons un peu à l'origine du mal, à cette histoire fondatrice de l'oeuvre colossale de Stephen King qu'est Shining.

Bien entendu, avant cette conférence il me fallait bien réviser un peu. Trop de livres dans ma PAL, je n'ai pas eu le courage de me replonger dans ce roman pourtant magistral. Mais j'avais de la chance, Stephen King ayant toujours été du pain béni pour des réalisateurs en quête d’histoires à raconter et Shining étant sans doute l'adaptation la plus connu dans l'oeuvre de King, j'avais une alternative en or massif. En ressortant une vieillerie de ma DVD-thèque, je troquai donc une longue séance de relecture (mon Dieu il y a tellement de livres à lire qu'il m'est sacrilège de devoir en honorer certains une seconde fois... ) pour une séance de visionnage d'à peine deux heures..
J'avais tout de même un problème. Le Shining de Stanley Kubrick est l'une des adaptations de ces romans les plus détestées du maître qui la qualifie même de véritable trahison envers son oeuvre initiale. Alors ?

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Alors, j'ai fait fi de tout cela. Et le constat reste le même pour tous ceux et celles qui en ont aussi fait l’expérience. Ces deux œuvres - roman et adaptation - sont toutes deux des chefs d'oeuvre.
Et l'on en revient donc a cette question majeure lorsque l'on se penche sur l'adaptation cinématographique: un film peut il être parfaitement fidèle au roman/livre qu'il adapte ?
C'est bien sûr une gageure.

Shining restera un roman majeur de la littérature d'épouvante mais également un grand classique du cinéma d'horreur. Retranscrire fidèlement/littéralement 300, 500 pages en 2 ou 3 heures d'images est tout bonnement impossible. Ces deux formes artistiques sont ainsi intimement liées, se nourrissant mutuellement mais foncièrement différentes dans la manière de les aborder. Certains réalisateurs, attirés par le succès obligé de l'adaptation de Stephen King s'y sont d'ailleurs perdu par obligation de fidélité. C'est peut être cela que n'a pas supporté Stephen King: Kubrick, en ayant fait des choix très personnels quant à la façon de retranscrire cette histoire à l'écran a tellement transcendé le roman qu'il en a créé une nouvelle oeuvre, tout aussi jouissive, et ce, malgré ses "trahisons" envers le roman.

Ainsi, dans le film, Jack Nicholson mange véritablement Jack Torrance le personnage du roman de King. Il en demeure pas moins le rôle de sa vie et l'un des plus puissants du cinéma, tout genre confondu. Et combien de scènes du film de Kubrick sont restées gravées dans nos mémoires et se sont inscrites dans le panthéon du cinéma: Danny, au guidon de son tricycle d'enfant qui tombe nez à nez sur les jumelles l'invitant à venir jouer avec elles "à jamais..., à jamais..." ou encore Jack Nicholson défonçant à coup de hache la porte de la salle de bain de leur chambre pour accomplir sa mission, avec ce plan mythique -dont a été tiré l'affiche du film- ou il passe son visage terrifiant à travers l'interstice.

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J'aimerais toujours autant découvrir, avec une véritable excitation et pour autant qu'elle existent, les adaptations des livres que j'ai préférés. Pourtant, alors que je viens de ranger le DVD dans sa jaquettes il n'y a de cela que quelques heures, je ne me dis pas "Ha quel grand réalisateur ce Kubrick !" mais bien "Stephen King tu es vraiment à mes yeux un génie !".

La littérature plus forte que le cinéma ?

AL
       


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