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Le blog estampillé Littérature 2.0

Chroniques littéraires et observateur de la dématérialisation du Livre

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dimanche 16 novembre 2014

La part des ténèbres de Stephen King

Pitch de l'éditeur (POCKET) :

Tu croyais pouvoir te débarrasser de moi. Tu pensais qu'avec un enterrement bidon pour mes fans et pour la presse, tout serait réglé. Tu te disais : " Ce n'est qu'un pseudonyme, il n'existe même pas. " Tu te disais : " Fini George Stark, maintenant consacrons-nous à la vraie littérature... " Pauvre naïf ! Ça a dû te faire un choc quand tu as vu la fausse tombe grande ouverte, hein ? Et cette série de meurtres abominables ? Exactement comme dans nos romans ! Sauf que, cette fois c'est réel, bien réel. Non, ne t'imagine pas que tu vas pouvoir te débarrasser si facilement de moi. Je suis ton double, ta part de ténèbres... Et j'aurai ta peau !

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***
Je ne me considère pas comme une fan absolu de Stephen King. Pas comme tous ces lecteurs de la première heure, pour qui toute nouvelle publication reste un événement fondamental et qui connaissent sur le bout des doigts l'ensemble de son oeuvre, l'appréciant d'une manière presque uniforme. Non. Certains de ses romans me sont bel et bien tombés des mains et d'une façon quasi définitive. Pourtant il est sans conteste un écrivain majeur de mon univers, une substance dans laquelle je retombe régulièrement sans possibilité de sevrage. En analysant bien la chose et en considérant une certaine aversion pour la Fantasy (dont Stephen King a contribué avec son mythique cycle de La Tour Sombre et dont nombre de ses romans en sont empreints comme par exemple Le Fléau, considéré comme l'une de ses plus importantes créations et dont le conflit mystique entre les forces du bien et celles du mal m'avait pourtant laissé de marbre, difficile à assumer lorsqu'il est le préféré de son auteur, dixit l’intéressé...), je me suis rendu compte que j'avais simplement, en matière de littérature comme au cinéma, d'un réel et simple besoin d'y croire, d'être convaincu. Doux paradoxe quand justement vous surfez sur la vague du fantastique et de l'horreur.

Ainsi, pour en revenir à La part des ténèbres, rien n'était gagné. Le postulat de départ n'avait vraiment rien pour me convaincre. Un écrivain, Thad Beaumont, qui ne connu qu'un succès d'estime pour ses romans écrits sous son propre nom et qui pour s'affranchir du chantage d'un fan plus clairvoyant que les autres, se décide à faire mourir son double, George Stark (au sens propre comme au figuré, un pastiche d’enterrement avec séance photos à l'appui au coté d'une fausse pierre tombale étant même orchestré), avec qui il connu la gloire pour une série de romans hyper-violents aux antipodes des ses aspirations initiales ; ce dernier, dans un processus mystérieux et ésotérique, prenant vie et, bien décidé à venger cet affront que lui fait son créateur, entame une quête meurtrière dont les modes opératoires ressemblent trait pour trait à ceux de l'anti héros de Stark, Alexis Machine, éliminant tour à tour des proches de Thad plus ou moins mêlés à cette mascarade. Scénario, il faut le reconnaître, plutôt alambiqué.

Pourtant, si vous osez La part des ténèbres, vous serez, j'en suis convaincu, happé comme je l'ai été par la talent de Stephen King a vous emporter avec des histoires aussi biscornues. La part des ténèbres n'est pas reconnu comme l'une de ses œuvres majeures. Pourtant, même si je n'ai pas encore une vue exhaustive de la choses (l'aurais-je un jour ?), ce roman est situé très haut dans ma top liste. Stephen King y parvient avec maestria a vous faire accepter l'impossible, vous conduisant, à l'aide d'ingrédients empruntés au thriller-policier, vers un feux d'artifice final ou la qualité de son écriture accouche d'une véritable anthologie de la littérature d'épouvante. Les descriptions mettant en scènes les moineaux, oiseaux psychopompes, présents tout au long de l'intrigue y devenant aussi effrayantes que jubilatoires.

Mais comme dans beaucoup de ces œuvres, Stephen King propose également dans La part des ténèbres, une seconde lecture. Celle qui montre la difficulté de vivre, lorsque l'on est écrivain, avec le succès presque inespéré d'un pseudonyme créé pour se désolidariser des règles que l'on s'était fixé comme credo indéfectible. Stephen King rend ainsi hommage à son propre double, Richard Bachmnan, sous couvert duquel il écrivit  plusieurs romans (dont Running Man) et dont la supercherie fut dévoilée par un illustre inconnu, un libraire prénommé Steve Brown ce qui amusa beaucoup Stephen King.

AL

Bande annonce de l'adaptation de La part des ténèbres par George Romero :


La part des ténèbres  - Bande annonce VO par _Caprice_



lundi 20 octobre 2014

Différentes saisons de Stephen King

Ma chronique de la semaine dernière était consacrée au recueil de nouvelles Tout est Fatal de Stephen King dans laquelle je mettais en avant son savoir faire en la matière. Mais au-delà du roman et de la nouvelle, il est un autre domaine pour lequel Stephen King a consacré une part non négligeable de son oeuvre : la novella. Cette hybride, trop court pour être considéré comme un roman mais plus long qu'une simple nouvelle, n'a jamais été la tasse de thé des éditeurs qui l'ont souvent boudée. Pourtant, celle-ci devrait aujourd'hui voir sa popularité remonter en flèche grâce à la littérature digitale avide de format différents, plus courts pour contenter un nouveau lectorat dont le nouveau credo est l’enchaînement, et la perspective de la lecture d'un pavé de 600 pages demeurant pour eux, quasi rédhibitoire.       

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Sommaire:

Espoir, éternel printemps
Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank

Été de corruption
Un élève doué

L'automne de l'innocence
Le corps

Un conte d'hiver
La méthode respiratoire

***

Résumé de l'éditeur (Albin Michel) :

Printemps - l'histoire d'un prisonnier innocent qui prépare l'évasion la plus extraordinaire depuis celle du comte de Monte-Cristo... 

Été - un jeune adolescent découvre le passé monstrueux d'un vieillard et joue avec lui une variante terrible du chat et de la souris... 

Automne- quatre garçons turbulents s'aventurent dans les forêts du Maine, à la découverte de la vie, de la mort et des présages de leur destin... 

Hiver - dans un club étrange, un médecin raconte l'histoire d'une femme décidée à accoucher quoi qu'il arrive... 

Ces quatre récits prouvent triomphalement que le grand Stephen King est capable de transcender l'horreur sans abandonner son style singulièrement entraînant, sa façon imagée de rendre le décor et les personnages, et ses intrigues haletantes, suspendues au bord du gouffre.Différentes saisons : quatre joyaux, d'une lecture irrésistible.

***

L'Amérique ayant toujours gardé une certaine appétence pour le genre, même si, comme le dit Stephen King, les magazines qui lui faisaient la part belle, ainsi qu'à la nouvelle plus courte, ont tous pratiquement disparu, celui-ci n'eut jamais tellement de mal à faire publier ses novellas, dont son oeuvre en fut régulièrement émaillée, les faisant compiler pour convaincre et satisfaire son éditeur, dans un seul et même ouvrage.

C'est le cas de Différentes Saisons, compilation de quatre histoires publiées en 1982, dont trois ont la particularité de ne pas avoir été inspirées par son genre de prédilection, ne comportant aucun élément fantastique, en faisant ainsi un ouvrage singulier de son oeuvre.

L'autre paradoxe de Différentes Saisons est que même sans être des aficionados de Stephen King, beaucoup connaissent au moins l'une des trois premières histoires, ayant accouchées d'adaptations cinématographiques toutes trois remarquées et dont la première Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank a engendré l'une des plus réussie, adaptée sous le titre Les Evadés sous la direction de Frank Darabont ; Le Corps étant devenu Stand By Me en 1986 (dirigé par Rob Reiner) et Un élève doué porté à l'écran par Bryan Singer en 1998. 

Pourtant, même en connaissant l'une ou l'autre de ces histoires, Différentes Saisons conserve un intérêt littéraire indéniable, Stephen  King y ayant porté son savoir faire de compteur d'histoire (Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank est d'une construction diabolique), son génie du rythme (Un élève doué est étouffant de bout en bout) et sa capacité à rendre des personnages d'enfants ou d'adolescents d'une profondeur rare, à son paroxysme.

Ainsi, si vous n'avez jamais lu Stephen King, l'horreur ou la SF constituant pour vous un biais insurmontable, Différentes Saisons est le titre idoine pour le découvrir, le dernier mini roman, La méthode respiratoire, constituant alors une immersion dans son domaine de prédilection, histoire de vous convaincre qu'avec lui, il n'y a point de sous genre. 

A noter, que cette dernière histoire, La méthode respiratoire devrait elle aussi se voir adapter sur grand écran, Scott Derrickson, le réalisateur de Sinister avec en vedette Ethan Hawke, s'étant emparé de ses droits en 2012.

AL


jeudi 2 octobre 2014

Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

Poursuite de la découverte des grands romans de la littérature américaine avec un classique de la SF : Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes.

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Pitch de l'éditeur :

Algernon est une souris dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l'intelligence. Enhardis par cette réussite, les savants tentent, avec l'assistance de la psychologue Alice Kinnian, d'appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d'esprit. C'est bientôt l'extraordinaire éveil de l'intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l'amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jour, les facultés supérieures d'Algernon commencent à décliner... 

***

Lorsque l'on évoque la SF américaine, l'on pense évidement de suite à Stephen King ou Richard Christian Matheson. Pourtant, les auteurs américains sont nombreux, je vous invite d'ailleurs à consulter la page Wikipedia récapitulant les presque 500 auteurs d'outre-atlantique spécialisés dans le genre. Dans cette liste, nous y trouvons Daniel Keyes, chercheur universitaire en psychologie de métier et auteur d'un livre mythique, dont le succès ne s'est jamais démenti, et qui, près de 40 ans après sa publication sous forme de roman, séduit toujours un nombre non négligeable de lecteurs avec plus de 5 millions d'exemplaires vendus.       

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Daniel Keyes, disparu le 15 juin dernier, à l'age de 86 ans, avait initialement publié son oeuvre sous la forme de nouvelle en 1959 dans The Magazine of Fantasy  Science Fiction. Sa forme narrative, succession de comptes rendus écrits par Charlie Gordon, s'avérant idéale. Son succès, le récit ayant reçu en 1960 le prix Hugo de la meilleure nouvelle courte (qui peut être lue dans l'édition augmentée du roman), poussa Daniel Keyes à développer son intrigue et Des Fleurs pour Algernon fut publié sous forme de roman en 1966 et obtint le Prix Nebula du meilleur roman la même année.

S'emparant du thème du cobaye, Daniel Keyes mit toutes ces connaissances à profit pour créer une oeuvre profonde, abordant les thèmes de la double identité (le Charlie Gordon surdoué se confrontant au Charlie Gordon arriéré mental dans un jeu de miroir jubilatoire), de la condition du sujet déficient mental pour la médecine (Charlie Gordon à l'intelligence décuplée est réhabilité à part entière en tant qu'homme mais aspire à ce que le Charlie d'avant ne soit plus considéré comme un semi être humain) ou de la nécessaire acquisition de la maturité affective (l'intelligence pure ne suffisant pas) pour entrevoir une relation amoureuse.

Par le truchement d'un procédé narratif original ; les comptes rendus rédigés par Charlie Gordon, dans lesquels l'évolution de ses capacités intellectuelles se manifeste par les progrès de son écriture (orthographe et grammaire) et par la transfiguration de ces réflexions (la douce naïveté des premières pages faisant place à l'érudition), Charlie, grâce à ces nouvelles capacités intellectuelles, réalisera même sa propre psychanalyse exhumant notamment les traumatismes de son enfance pour mieux comprendre son double.            

Mais alors qu'Algernon semble perdre peu à peu de ces facultés extraordinaires, Charlie décide de reprendre tout le travail entrepris par le Pr Nemur et le Dr Strauss pour comprendre ce qu'il adviendra de lui...

Mythique !

AL

Morceaux choisis:

"Et elle a dit que peut être ils n'avaient pas le droit de me rendre intelligent parce que si Doeu avait voulu que je sois intelligent, il m'aurait fait naitre intelligent."

"Miss Kinnian dit ne t'inquiète pas l’orthographe n'est pas une preuve d'intelligence."

"Maintenant, je comprends que l'une des grandes raisons d'aller au collège et de s'instruire, c'est d'apprendre que les choses auxquelles on a cru toute sa vie ne sont pas vraies, et que rien n'est ce qu'il parait être."

"Je suis comme un homme qui a ét" à demi endormi toute sa vie et qui essaie de découvrir comment il était, avant de se réveiller. Tout surgit étrangement brouillé et comme au ralenti."

"[...] parce qu'il n'est qu'un homme ordinaire qui essaie de faire une oeuvre de grand homme, alors que les grands hommes sont tous occupés à faire des bombes."

"Je n'étais pas son fils. Mais un autre Charlie. L'intelligence et le savoir m'avaient changé."

"On ne peut pas construire une maison neuve sur un emplacement avant de détruire l'ancienne qui s'y dressait, et Charlie Gordon ne peut pas être détruit."

"Qui peut dire que mes lumières valent mieux que ta nuit ? Qui peut sire que la mort vaut mieux que ta nuit ?"

"Il commence à faire froid dehors mais je continue à mettre des fleurs sur la petite tombe d'Algernon"


           
           
               
                    Théâtre : "Des fleurs pour Algernon" adapté sur les planches sur wat.tv
               
           
        




mardi 23 septembre 2014

Ça de Stephen King

Deux œuvres de Stephen King ont tendance à revenir souvent dans la bouche des aficionados du maître lorsque l'on évoque avec eux celles qui les ont le plus marquées : Le Fléau et Ça. Toutes deux publiés en langue original au tout début de sa carrière (1978 pour Le Fléau et 1986 pour Ça), ces deux blockbusters ont pour ma part été au moins rattrapé dans l'anthologie par le plus récent et magistral 22/11/63

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Pitchs de l'éditeur (Editions J'ai lu):

Tome 1:

La terreur s'incarna pour la première fois dans un bateau en papier journal dévalant un caniveau gonflé d'eau de pluie. Un petit garçon courait gaiement à côté. Il s'appelait George et avait six ans... Pris dans un tourbillon, l'esquif disparut dans une bouche d'égout. L'enfant mit un genou à terre, se pencha...

Des yeux jaunes le regardaient, des yeux comme ceux qu'il avait imaginés le guettant dans la cave... « Salut, Georgie ! » fit une voix... Un clown se dressait dans l'égout. Sa main noueuse comme une patte de rapace tenait un lot de ballons colorés... George tendit le bras... Dans la rue, les gens ne virent qu'un gamin en ciré jaune qui hurlait et se tordait dans le caniveau...
Oeil de salamandre, Queue de dragon, Main de gloire, quoi que ce fût, c'était là de nouveau... ÇA ! L'ordure aux cent têtes...

Tome 2:

Horreur et cataclysmes... Tous les vingt-sept ans le cycle reprend. A Derry, ville d'antiques perversions, la violence atteint alors des sommets de fureur. Jetés sur cette trajectoire infernale, sept mômes ont fait le serment de revenir si ÇA recommençait ! Paume contre paume, ils ont signé de leur sang leur promesse... Bill le Bègue, Richie la Grande Gueule, Ben, dit Meule de foin, Stan, Bev, rousse et belle en diable, et tout le club des ratés...

Qu'ont-ils vu, tous, qui aurait rendu un adulte fou ? Quelle chose innommable ? Obscurs souvenirs... Pour les uns momie aux yeux de goudron frais, pour les autres, oiseau-roc monstrueux, lépreux au nez amputé, loup-garou, vampire à la bouche hérissée de lames de rasoir... Tous avatars de Grippe-Sou, le Clown ! ÇA !
L'ennemi aux cent visages...

Tome 3:

Les souvenirs s'éloignent et s'éparpillent comme des cauchemars... Celui de Grippe-Sou, blême et ricanant ! Vingt-sept ans plus tard, le clown est toujours là, prêt à frapper, à réveiller les monstres d'autrefois et leurs danses macabres. A Derry, Bill et ses amis sont revenus, fidèles à leur serment. Mais croient-ils toujours à la magie qui, seule, rend la magie possible ? Sauront-ils imaginer le pieu ou le lance-chiques, capable de tuer l'Alien ?

Pour la seconde fois, ils plongent dans les trous de Morlock. Mortelle randonnée ! Dépouillé de ses masques et de ses colifichets, le clown attend, figé dans les lumières mortes. Dernière illusion ! Chute sans fin dans les rapides de l'effroi... ÇA est là ! Sphinx gluant gluant de pattes et de poils ! Œil hypnotique et reptilien ! Et qui n'a jamais eu peur de ÇA ! Le spectre de nos peurs ancestrales...

***
Stephen King a mis plus de 4 ans pour venir à bout de Ça (9 septembre 1981 au 28 décembre 1985). Une fois le dernier tome refermé, l'impression est qu'il n'y a vraiment rien d'étonnant. Car ce roman, estampillé Frisson/Horreur est bien plus que Ça. Se déroulant sur deux périodes, en 1957-58, pendant la jeunesse du Club des ratés "à l'époque où un enfant pouvait s'extasier pour un bateau en papier" dans laquelle Stephen King  réalise une chronique jubilatoire de la jeunesse en Amérique de la fin des années 1950 puis, à 27 ans d'intervalle (le temps d'hibernation de Ça), en 1985-86 alors que devenus adultes, Bill le Bègue, Richie la Grande Gueule, Eddie l'asthmatique, Ben dit Meule de foin, Stan le juif, Bev la rousse plantureuse  mais sans Stanley n'ayant pas supporté le retour de Grippe-Sous, affrontent pour la seconde fois cette entité maléfique, incarnation du mal absolu qui prend la forme des peurs les plus primaires de ces adversaires et dont seuls l'amitié et la perdurance de leur faculté à croire à l’inimaginable seront leur unique planche de salut, Ça est une brillante réussite du récit raconté sur le mode flash-back, Stephen King passant avec brio (une phrase débutant à la fin d'une époque pour s'achever dans l'autre) et sans la moindre impression de confusion de l'une à l'autre en y ajoutant même des interludes prenant la forme du journal d'un des membres du club, Mike Hanlon, devenu bibliothécaire, pour préciser certains éléments de son intrigue.

Du frisson, il y en a, oui. Mais au delà du summum de toute son oeuvre en la matière, d'un véritable inventaire de l'horreur sous toute ses formes, Stephen King comme à son accoutumé, brosse un portrait de son pays peu recommandable en abordant certains de ses thèmes de prédilection comme les moteurs de la création (Bill Denbrough le bègue est devenu en 1985-86 un écrivain célèbre) la violence enfantine (direct et physique pour la relation de Bev et de son père qui "se fait vraiment beaucoup de soucis pour elle" ou moins évidente chez la mère d'Eddie Kasprak, mère surprotectrice toxique) et la violence conjugale (Bev et son mari) ou le racisme (le récit de l’incendie du Black post) passant de monstres incarnés à d'autres moins visibles mais tous aussi pernicieux.


Beaucoup ont connu Ça grâce à son adaptation TV par Tommy Lee Walace "Il" est revenu diffusé dans les années 1990 sur la chaîne M6 dans une version édulcorée (de sa dimension sexuelle notamment) mais ô combien effrayante lorsque l'on est un préadolescent. Pilier de son oeuvre, Ça méritait sans doute mieux mieux qu"un simple téléfilm et c'est donc tout à fait logiquement que le pavé de Stephen King sera de nouveau adapté, pour le grand écran cette fois-ci, dans un double long métrage d'ores et déjà en préparation par le réalisateur de la série True detective, Kary Fukunaga. 

Ça va refaire parler de lui...

AL

Morceaux choisis:  

"A Derry, la faculté d'oublier les tragédies et les désastres confinait à l'art, comme Bill Denbrough allait le découvrir avec les années."

"Ouai, si on ne peut pas voir à travers le miroir actuellement, nous verrons comme si c'était une vitre après notre mort."

Interview-bilan de Francis Geffard l'organisateur en chef de l'édition 2014 du Festival America de Vincennes

L'interview de Francis Geffard effectué par Vincennes TV. Succès pour cette édition 2014 avec plus de 35000 visites:


Succès pour l'édition 2014 du Festival AMERICA... par vincennestv

jeudi 18 septembre 2014

Le Ciel nous appartient de Brendan I. Koerner

Quelle est la meilleure recette pour pondre un bon polar ?
Soit faire preuve d'inventivité et d'inspiration, soit comme l'a fait Brendan I. Koerner avec Le Ciel nous appartient en s'emparant d'une histoire vraie exceptionnelle.

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Journaliste américain à The Wired, ancien éditorialiste au New York Times et à Slate, Brendan I. Koerner s'était déjà fait remarqué avec Now The Hell Will Star non traduit en français et qui relatait la désertion après le meurtre d'un officier blanc d'Herman Perry, un soldat afro-américain affectée lors de la seconde guerre mondiale dans la zone Chine-Birmanie-Inde et dont les droits ont été acquis par Spike Lee en vue d'une adaptation.

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Second essai et second succès pour Brendan I. Koerner qui cette fois s'empare de l'un des détournements d'avions les plus mythiques de l'histoire de l'aviation américaine, celui réalisé par Roger Holder ancien soldat de la guerre du Vietnam et Katy Kerkow une séduisante jeune femme issue du Midwest américain et dont la rencontre, tels Bonnie et Clyde va bouleverser leur destiné, les conduisant de l'Algérie à la France où ils devinrent de véritables icônes révolutionnaires encensées par nombre d'artistes comme ceux de la Nouvelle Vague.          

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Au-delà, de ce destin d’exception, et c'est ce qui rend l'ouvrage de Brendan I. Koerner si atypique, nous est offert une véritable enquête historique des détournements d'avions américains (même si cela parait aberrant aujourd'hui, certaines années plus de cinquante d'entre eux ont pu avoir avoir lieu) avec de riches détails sur les motivations des différents protagonistes et sur la véritable bataille que ceux-ci créèrent entre politiques et lobbies des compagnies aériennes quant aux actions nécessaires -mais toujours trop coûteuse pour ces derniers - pour les limiter.

Chronique de l'Amérique déchirée sur fond de guerre du Vietnam, conflit diplomatique avec Cuba et mouvement Peace and Love, histoire d'amour improbable et acte de rébellion fondateur d'une destinée inimaginable, Le Ciel nous appartient est un vrai page turner plus à classer dans le récit journalistique que dans la fiction classique, ce qui n'enlève rien à ses qualités tant le travail de recherche de Brendan I. Koerner et les nombreuses références citées lui donnent du corps.

AL

Morceaux choisis:

"En régnant momentanément en maître suprême sur la frontière américaine la plus absolue, ces âmes déchues souhaitaient avant tout recouvrer une certaine dignité. Tant qu'ils pourraient embarquer armés de pistolets, de bombes ou de flacons d'acide cachés dans leurs bagages à main, les pirates de l'air seraient prêts à risquer leur vie de rebelle pour avoir la chance ultime d'en rectifier le cours."

"Aussi, les Américains les plus désespérés imaginèrent-ils d'autres mises en scène pour incarner les héros de leurs propres fictions de rédemption. Les années qui suivirent le Watergate et la chute de Saigon furent jalonnées de faits divers hauts en couleur, perpétrés par des hommes et des femmes au bord du gouffre : kidnappings, explosions de voitures, assassinats de politiciens et de célébrités."

"Hubbard suggérait également que le fait de pointer une arme sur une hôtesse "pourrait bien être le premier acte sexuellement agressif de leur vie"."

lundi 8 septembre 2014

7ème Edition du festival America de Vincennes

Se déroule ce weekend (11 au 14 septembre) à Vincennes, le 7ème festival consacré aux littératures et cultures d'Amérique du Nord. L'occasion de pouvoir y rencontrer parmi de nombreux auteurs français, haïtiens, canadiens et américains, deux auteurs dont les romans se sont particulièrement remarqués en cette rentrée littéraire : Nickolas Butler (Retour à Little Wing) et Philipp Meyer (Le Fils).

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D’AMÉRIQUE ET DE FRANCE

Longtemps la France a rêvé d’Amérique, et ce depuis les premiers voyages de Jacques Cartier dans les années 1530, jusqu’à donner naissance à cette Nouvelle-France qui, à la fin du XVIIe siècle, s’étendait d’un bout à l’autre du continent, d’est en ouest et du nord au sud, de la côte Atlantique aux Grandes Plaines, des rivages de Louisiane à l’immensité  des forêts canadiennes.

On oublie souvent combien la présence française a joué un rôle majeur dans le développement de l’Amérique telle que nous la connaissons aujourd’hui. Qu’ils aient été commerçants, militaires, missionnaires, trappeurs ou coureurs des bois, les Français ont exploré le continent, dessiné des cartes, fondé des villes, fait du négoce avec les tribus indiennes, baptisé rivières, lacs et montagnes... L’aventure s’est achevée en 1763 avec la perte du Canada puis en 1803 avec la cession de la Louisiane aux Etats-Unis mais, par leur présence, les Français ont donné naissance à une culture riche et plurielle, toujours vibrante, celle de l’Amérique francophone.

C’est cette Amérique que nous avons choisi de mettre à l’honneur en invitant écrivains et artistes venus du Québec, d’Haïti, d’Acadie, de Louisiane, du Manitoba et de la Saskatchewan. Car en plus d’une histoire et d’une culture, nous avons une langue en partage. Aussi avons-nous souhaité la présence d’écrivains français dans les débats et rencontres. Ils ont été nombreux à accepter notre invitation et nous les en remercions.

Nous sommes également heureux de pouvoir, une fois encore, célébrer la richesse et la diversité des littératures anglophones en accueillant des auteurs venus du Canada et des Etats-Unis. Deux pays auxquels les Français sont attachés, deux cultures avec lesquelles perdure cette relation entamée il y a plusieurs siècles.

Grâce à ces auteurs et à leurs lecteurs mais aussi aux éditeurs, traducteurs, journalistes, libraires et bibliothécaires rassemblés à Vincennes pendant quelques jours, cette septième édition d’America s’annonce exceptionnelle et nous souhaitons, une fois encore, que le livre et la littérature soient fêtés comme il se doit.

Francis Geffard et Pascal Thuot


jeudi 26 juin 2014

Joyland de Stephen King

Lorsque comme moi l'on se (re)met subitement à lire Stephen King, l'on se prévient d'un risque - ne plus savoir quoi lire, mais l'on s'impose également une frustration - la presque impossibilité de l'exhaustivité, à moins de lui offrir l'intégralité de son temps de lecture au vue de sa production toujours aussi prolifique.
Ce n'est pas mon cas même si beaucoup de ses romans ont investis ma PAL et qu'il semble être devenu le fil rouge ou point de repère de celle-ci. Depuis sa visite en France en novembre dernier, j'y ai donc consacré plusieurs chroniques (22/11/63, Sacs d'Os, Sale gosse, Dr Sleep, Running Man) et c'est tout naturellement que Joyland sa dernière publication est tombée dans mon escarcelle.

http://blowawaydandelion.blogspot.fr/Joyland de Stephen King couverture US

Pitch de l'éditeur:

Les clowns vous ont toujours fait peur ?
L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ?
Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage…

Mêlant suspense, terreur, nostalgie, émotion, un superbe King dans la lignée de Stand by me.

***
Tiens ! Pour une fois une quatrième de couverture qui ne raconte pas la moitié du livre... Est-elle bonne pour autant ? Oui et non car si elle demeure suffisamment énigmatique, elle est quasi mensongère. En effet, en évoquant la peur des clowns, Albin Michel nous renvoie évidement à Grippe Sou la presque incarnation du mal de Ça (la toute prochaine chronique livre de Dandelion) et qui en prend souvent la forme. Peur et angoisse ? Assurément pour l'éditeur qui craignant sans doute que les lecteurs potentiels de Joyland n'y recherchant que l'horreur et l'épouvante rattachées viscéralement à son nom ne soient un tant soit peu refroidis par un pitch plus proche de son contenu.

C'est que Stephen King s'accorde parfois des histoires un peu moins horrifiques comme les trois premières novellas du formidables recueil Différentes Saisons ( Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank, Un élève doué, le corps - Stand by me en anglais, oui Albin Michel !) ou La Ligne Verte avec tout de même pour ce dernier une touche de fantastique.
Touche de fantastique dont il est tout de même également question dans Joyland, un parc d'attraction au bord de la plage d'Heaven's Bay en Caroline du nord où, au delà de ses attractions phares La Carolina Spin et le Thunderball, le meurtre sordide d'une jeune femme, Linda Gray, sauvagement égorgée, y a été commis. Celle-ci qui semblerait hanter l'attraction dans laquelle elle a perdu la vie, "La maison de l'horreur". 

C'est dans ce parc que Devin Jones, un jeune garçon de 21 ans, alors qu'il est en train de subir sa première déception amoureus,e va s'engager pour l'été afin de gagner les deniers nécessaires pour lui éviter de devoir travailler pendant son année universitaire.   

On a souvent été à deux doigts de le faire, mais sans jamais vraiment aller jusqu'au bout. Elle refusait à chaque fois et je ne l'ai jamais forcée. Dieu m'en est témoin, je me montrais galant. Je me suis souvent demandé ce qui aurait pu changer (en bien ou en mal) si je ne l'avais pas été. Aujourd'hui je sais que les mecs galants tirent rarement leur crampe... Brodez ça sur un canevas et accrochez-le dans votre cuisine.

Il s'y fera des amis pour la vie (Erin Cook et Tom Kennedy), deviendra en quelque sorte et le temps d'un été la mascotte du parc et finira, poussé par une force mystérieuse à vouloir coûte que coûte résoudre le meurtre de  Linda Gray.

J'entend ça et là certains fans du King considérer Joyland, comme mineure au milieu de ces plus récentes publications. S'il est vrai qu'il est surement moins ambitieux que le fabuleux 22/11/63Sac d'Os ou Histoire de Lisey, Joyland ce roman d'apprentissage mâtiné de polar a le mérite de nous raconter une histoire émouvante sur le difficile passage de l'adolescence à l'age adulte, période pendant laquelle les choix sont pourtant si cruciaux, sur les premières désillusions amoureuses et sur les rencontres fondatrices pour le reste de l'existence. 
Avec comme cerise sur le gâteaux un travail énorme (de recherche mais aussi de pure invention précise t'il dans sa postface) effectué par Stephen King quant à cette véritable langue des forains, "la parlure" qui donne à Joyland une vrai authenticité et permet de nous immerger un peu mieux dans les coulisses d'un parc d'attraction du début des années 1970. Chapeau donc à Nadine Gassie et Océane Bies les deux traductrices françaises qui ont su transposer "la parlure" de façon si probante.

Joyland un Stephen King qui sans proposer la dose habituelle d'effrois pourrait bien, avec une fin très touchante, nous tirer quelques larmes...

Les gens trouvent que les premières amours sont tendres. Et jamais plus tendres que lorsque ce premier lien se brise... Il y a bien un millier de chansons pop et country à l'appui : des histoires d'imbéciles qui ont eu le cœur brisé. Le fait est que ce premier cœur brisé est toujours le plus douloureux, le plus long à guérir, et celui qui laisse la cicatrice la plus visible. Tendre, vous croyez?

AL



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samedi 31 mai 2014

Le Monde selon Garp de John Irving

En ayant entamé un cycle sur les grands romanciers américains, je pouvais difficilement passer à coté du roman de John Irving, Le Monde selon Garp. Régulièrement cité dans les listes des grands classiques d'outre atlantique, je laissais donc un pavé culte (Le Bûcher des vanités de Tom Wolfe) pour un autre.

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Résumé du livre:

Alors qu'en 1943, face à une contraception défaillante, le souci de bien des femmes reste d'avoir un homme sans avoir d'enfant, la préoccupation de l'excentrique Jenny, infirmière dans un hôpital bostonien, est au contraire d'avoir un enfant bien à elle, mais surtout pas de fil à la patte. C'est pourquoi elle jette son dévolu sur le sergent technicien Garp, opérationnellement intact en dépit de son cerveau endommagé. De cette éphémère union naîtra S.T. Garp. Impossible d'emprisonner en quelques phrases ce roman qui ne ressemble à aucun autre - une oeuvre débordante d'humour et d'énergie qui, par ses personnages colorés, exubérants, dingues, son foisonnement de péripéties et d'incidents rocambolesques, nous impose la vision d'un monde grotesque, chaotique, pétri de violence. Une parodie de notre monde où, comme le remarque un personnage, l'assassinat est un sport amateur de plus en plus répandu . Le Monde selon Garp, c'est d'abord le récit des rapports orageux et tendres entre une mère célèbre (devenue féministe malgré elle), et son fils écrivain, tous deux dotés d'un individualisme forcené. Leur oeuvre demeurera incomprise et sera déformée, exploitée par autrui. Le Monde selon Garp, c'est aussi l'histoire irrésistible, émouvante, tragique, d'un homme généreux et angoissé aux prises avec ses rôles de fils, d'amant, d'époux, de père. Le Monde selon Garp, c'est enfin un merveilleux commentaire sur l'art et l'imaginaire, la preuve éclatante que l'outrance et le baroque peuvent éclairer avec une incomparable justesse notre monde. Selon Garp, le romancier est un médecin qui ne s'occuperait que des incurables... et nous sommes tous des incurables.

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J'ai rarement eu autant de sentiments contradictoires pour un roman, tant de moments de jubilation que de profond ennui dans une seule oeuvre. Je manquai sans doute de préparation. J'aurais peut être du souffler après Tom Wolfe. Ne pas m'y jeter à corps perdu sans en savoir un peu plus. Car Le Monde selon Garp est une oeuvre magistrale et comme toutes les œuvres de ce genre elle peuvent agacer autant que de pousser à l'adoration.

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 Évidemment, je ne m'en rendis pas compte mais j'enchaînais en fait deux romans totalement opposés. L'un conçu et écrit de manière journalistique (certains affirment encore que ce qu'écrit Tom Wolfe n'est pas du roman...) quand l'autre, loufoquerie baroque parfois quasi surréaliste, s'il comporte des thèmes directeurs que l'on retrouvera ensuite parsemés dans toutes son oeuvre (La prostitution, la lutte, Vienne, la mort, le féminisme, l’absence du père...), est écrit laissant la part belle à l'inspiration. Ainsi de nombreuses longueurs parsèment le livre et il faut s'armer d'une certaine patience pour pouvoir goûter par ailleurs à des passages de littérature d’anthologie. Je cite ainsi La Pension Grillparzer, la première nouvelle écrite par Garp, l'écrivain naissant qui peut même se lire de façon indépendante tant elle nous en apprend sur la création littéraire et plus particulièrement sur l'idée de l'écriture créatrice, très populaire aux États-Unis.  De création littéraire, il en est question ça et là, tout au long de ce bouquin qui a lui seul constitue un véritable manuel d'écriture et de ces moteurs. Et puis il y cette plume magistrale, cette orfèvrerie syntaxique qui achève de porter John Irving dans le firmament des plus grandes plumes contemporaines américaines.

Le Monde selon Garp a été publié en 1978, dans une époque déjà révolue. Aujourd'hui ce genre d'OVNI littéraire serait certainement refusé par toutes les grandes maison d'édition, calibrage oblige. Pourtant, si tant est que vous ayez décidé d'une parenthèse littéraire où la patience serait de mise, où la contemplation deviendrait votre credo et l'inutilité apparente côtoierait le prodige pour en devenir indispensable, vous ne seriez pas loin de tomber en amour pour John Irving.

Maintenant, vous savez, vous pouvez sauter.

AL  


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mardi 13 mai 2014

Sac d'os de Stephen King


Résumé de l'éditeur (Albin Michel):

Les personnes que l'on aime ne meurent jamais. Depuis qu'elle n'est plus là, Mike n'écrit plus. Reclus dans sa maison, près du lac, son souvenir l'obsède, ses nuits sont des cauchemars. Entre deux mondes, égaré dans une zone incertaine, Mike la cherche. Mais elle n'est plus qu'une ombre... Une ombre parmi celles qui hantent le domaine de Sara Laughs, avides de vengeance, prêtes à faire payer des crimes que l'on croit oubliés. Et lorsque Mike tombe sous le charme d'une fillette de trois ans et de sa mère, une jeune veuve, il ne sait pas que, loin de reprendre goût à la vie, il va devoir affronter le déchaînement de forces surnaturelles et vengeresses. Le roman le plus ambitieux et le plus fort de Stephen King. Fascinante histoire d'amour perdu et ressuscité, Sac d'os est l'aboutissement de toute une oeuvre.
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Stephen King, spécialiste de l'horreur, aura attendu près de 25 ans pour consacrer l'un de ses romans au mythe du fantôme. Si ceux-là étaient bien présents dans Shining (1977), Sac d'os (Bag of bones en anglais) est le premier à en constituer la thématique principale. C'est peut être qu'il ne voulu pas bafouer un thème pour lequel il ne lui était pas permis d'échouer ; ou c'est peut être autre chose. Quoi qu'il en soit, ce Sac d'os demeure l'un de ses romans ayant reçu le meilleur accueil de la critique lors de sa sortie, d'ailleurs récompensé en 1998 par plusieurs prix littéraires (Prix Locus du meilleurs roman d'horreur, Prix Bram Stoker, Prix British Fantasy), demeurant ainsi le livre de Stephen King en ayant le plus remportés. S'il semble avoir encore repoussé ses limites avec 22/11/63 publié en 2013, Sac d'os s'impose en ce qui me concerne comme l'une de ses œuvres majeures au même titre que Misery par lequel j'ai découvert King lors de mon adolescente et pour qui je garde une certaine empathie ou La Part des ténèbres que je place très haut dans la hiérarchie, au coté donc de son uchronie Kenedienne. Mais comme je n'ai pas encore une vue globale de son oeuvre, la hiérarchie pourrait très vite changer, au gré de mes futures lectures puisque pas moins de 10 de ces romans Ça, Histoires de Lisey, Duma Key, Coeur perdus en Atlantide, Rose Madder, Salem, Baazar, Tout est fatal, Nuit Noire, Etoiles mortes ; Joyland  m'étant encore inconnus ont récemment rejoint ma PAL au coté de Toni Morrison ou Philip Roth.

"C'est peut être stupide, mais il peut arriver que les choses marchent simplement parce qu'on pense qu'elles marchent. Il y a là une définition de la foi qui en vaut bien une autre."
      
Sac d'os est un roman riche, construit à l'aide de l'écriture volontairement lente et travaillée de l'écrivain qui a désormais tout son temps. Stephen King a réussi avec brio ce projet si ambitieux : mêler les thèmes de l'amour et du veuvage, du processus de création pour une matière principale (les fantômes) qui n'en devient que le vecteur ; servant à en faire éclater un dernier, le plus puissant du roman et qui en fait le dénouement le plus surprenant et peut être le plus profond de toute son oeuvre. Car sous couvert de l'épouvante ou de la SF, Stephen King ne cessera jamais d'égratigner l'âme humaine, gangrenée par les plus vils vices.

Là où les lenteurs pourtant indispensables de Sac d'os pourraient en faire abandonner plus d'un, Sephen King nous garde sous sa coupe à l'aide de son talent indéniable, la création de personnages toujours plus profonds, pour qui l'on s'attache et parfois s’identifie en quelques pages ; leurs destins même morts (la magie du fantôme) en deviennent alors indispensables. Ainsi, le livre achevé, nous penserons encore un moment à Kyra Devory personnage rappelant les nombreux autres personnages d'enfants émaillant ces histoires ; cette petite fille de trois ans n'est pas sans rappeler Abra Stone de Docteur Sleep, Charlie dans le roman éponyme ou le petit Danny Torrance de Shining. D'ailleurs, Stephen, Kyra Devory a aujourd'hui près de 20 ans, a-t-elle comme Danny, su survivre à ses démons ?

AL

Liens:

- http://www.albin-michel.fr/Sac-d-os-EAN=9782226105660

http://www.telerama.fr/livres/sac-d-os,104443.php



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dimanche 4 mai 2014

Le Bûcher des vanités de Tom Wolfe

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Lorsque l'on se décide à lire Tom Wolfe pour la première fois, il est difficile de passer outre son premier roman, publié en 1987 et devenu un best-seller mondial et un grand classique de la littérature américaine: Le Bûcher des vanités. En bon élève, j'évitais in extremis l'écueil du dernier sorti, Bloody Miami, qui, s'il me prenait d’enchaîner ensuite par les autres romans de Tom Wolfe (au nombre de 4: Le Bûcher des vanités ; Un Homme, un vrai ; Moi, Charlotte Simmons et Bloody Miami) allait devoir patienter encore longtemps, tant chacun de ses livres ; qu'il met plusieurs années à composer, s'apparente, dans un temps ou les fictions de plus de 600 pages sont considérées comme des romans fleuves, à un véritable challenge.

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Résumé du livre: 

Sherman McCoy est un riche financier de Wall-Street ; il est marié à Judy et père d'une fille de six ans, Campbell. Alors qu'il revient de l'aéroport où il allait chercher sa maîtresse, Maria Ruskin, Sherman se trompe de sortie d'autoroute et se retrouve en plein milieu du Bronx. Maria et lui-même paniquent rapidement, la tension atteignant son paroxysme quand ils se trouvent bloqués par une barricade de pneus et que deux jeunes noirs proposent leur aide.

Maria prend le volant et, en tentant de fuir, renverse l'un des jeunes, Henry Lamb, âgé de 19 ans. Une enquête est menée et conduit rapidement à Sherman qui se voit alors la proie des journalistes, des politiciens profitant de l'affaire pour favoriser leur réélection. Henry Lamb devient vite le symbole du combat contre une « justice pour les Blancs ».

***

En 2017, Le Bûcher des vanités aura 30 ans. Combien de romans, publiés à la fin des années 1980 ont si bien traversé le temps ? Car si quelques éléments épars du décors (l'hilarante scène de la cabine téléphonique) témoigne de son age, sa morale, n'a pas pris quant à elle aucune une ride. Plusieurs crises financières sont passées par là depuis mais le mythe du Yuppie (Golden boy en français), fait toujours autant rêver/jaser.

L'on croit comprendre très vite la signification du titre, Le Bûcher des vanités. En effet, Sherman McCoy dont la description faîte par Tom Wolfe semble si caricaturale tant "ce maître de l'univers" comme il aime à se croire et évoluant dans une vie d'artifice (la description de son appartement décoré par sa femme Judy, décoratrice d'intérieur, est en cela, le meilleur témoignage) va être pris en tenaille dans une machinerie infernale où la justice, la politique, le mass-média vont le sacrifier sous couvert de justice sociale et de lutte contre les inégalités raciales. Mais c'est bien pour satisfaire leurs ambitions personnelles, leurs propres vanités que Sherman McCoy sera sacrifié sans aucun état d'âme. Ainsi, ces vanités vont bien au delà de celle de Sherman McCoy et s’étendent à l'ensemble des arcanes d'une société américaine dont il est bien difficile d'en ressortir le moindre optimisme. Et c'est finalement Sherman McCoy, le seul qui gardera notre sympathie, du moins notre compassion.

Dans un livre ou Tom Wolfe prend son temps, ne nous épargne aucun détail, contextualise à outrance, c'est une des plus grandiose critique des différents aspects de la société américaine qu'il nous est offert ou la décadence irrémédiable d'une civilisation n'en semble aujourd’hui que plus vraisemblable. 
       
Chapeau Tom Wolfe !

AL
   

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dimanche 13 avril 2014

La Nostalgie de l'Ange (Lovely Bones) d'Alice Sebold

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Résumé de l'éditeur: 

Nom de famille : Salmon, saumon comme le poisson ; prénom : Susie. Assassinée à l'âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973. [...] C'est un voisin qui m'a tuée. Ma mère aimait ses parterres de fleurs et un jour, mon père et lui avaient parlé engrais. " Le viol et le meurtre de la petite Susie sont sans doute les souvenirs les plus effroyables qu'elle ait emmenés au paradis. Mais la vie se poursuit en bas pour les êtres que Susie a quittés, et elle a maintenant le pouvoir de tout regarder et de tout savoir. Elle assiste à l'enquête, aux dramatiques frissons qui secouent sa famille. Elle voit son meurtrier, ses amis du collège, elle voit son petit frère grandir, sa petite sœur la dépasser. Elle observe, au bord du ciel, pendant des années, la blessure des siens, d'abord béante, puis sa lente cicatrisation... Habité d'une invincible nostalgie, l'ange pourra enfin quitter ce monde dans la paix.
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Lovely Bones ou La Nostalgie de l'Ange (titre français) était depuis plus d'un an dans ma PAL (qui est bien réelle et que je limite autant que faire se peut à une étagère de ma bibliothèque où les bouquins sont empilés à la verticale pour respecter l'appellation -, au contraire de mes souhaits de lecture, plus exhaustifs, que je matérialise sur ce formidable réseaux sociaux de la littérature Entrée Livre, - que je vous conseille vivement de visiter, vous ne pourrez plus vous en passer -, et qui sont aujourd'hui au nombre de 34).
Ayant entamé en début d'année un cycle de lecture sur la littérature américaine, je fini donc par l'honorer alors que le soleil en avait déjà jauni la tranche.

La Nostalgie de l'Ange fut depuis sa sortie initiale, outre atlantique un formidable succès de librairie (traduit dans trente pays et vendu à plus de 3 millions d'exemplaires) et la relecture de la quatrième de couverture finit par enfin me convaincre d'entamer ce roman blockbuster dont le narrateur est un mort ou plutôt une morte puisqu'il s'agit de Susie une adolescente ayant été violé et tué par son voisin. Alors que l'on pourrait s'attendre à un bon policier, La Nostalgie de l'Ange n'en a que les prémices, le crime et un début d’enquête. Si vous êtes uniquement fan de ce genre littéraire (policier/thriller), passez votre chemin car la volonté d'Alice Sebold et qui rend si original son premier roman est d'observer, à travers les yeux de Susie, disparue tragiquement et atterrie au paradis, la vie des membres de sa famille, de ses proches, de son petit ami, comment ils vivent ce drame, puis la difficile et longue reconstruction pour s'autoriser de nouveau les moments de bonheurs. Plus que ce procédé narratif original, Alice Sebold va plus loin et nous décrit assez précisément ce qu'est le paradis et comment il fonctionne. Ainsi la première partie du livre est une vrai bénédiction. La suite comporte quelques longueurs (une bonne cinquantaine de pages à mon avis) et donne parfois l'impression que l'auteure a brodé un peu. Alice Sebold nous rattrape cependant de façon tout à fait  inattendue avec une fin qui n'est pas sans rappeler une scène de ce vieux film romantico-fantastique qui n'a pas pris une ride et qui a fait couler tant de larmes, je veux parler de Ghost.

La Nostalgie de l'Ange le titre français, s'il parait vraiment meilleure que le titre anglais (d'ailleurs difficilement traduisible), me semble pourtant infidèle quant au personnage de Susie. Car ce qu'il se dégage de son personnage, du haut de son paradis, s'apparente bien plus à de la bienveillance et de la curiosité que de la nostalgie qui, si elle est bien présente tout au long du roman se transmet lentement à travers les mains de ses lecteurs ; La Nostalgie du lecteur.

 "La boule neigeuse posée sur le bureau paternel contenait un pingouin avec une écharpe à raies blanches et rouges. Quand j'étais petite, mon père me faisait monter sur ses genoux et tendait la main vers la boule. Il la mettait à l'envers, et de la neige s'amassait au sommet, puis il la retournait d'un coup sec. On regardait alors côte à côte le neige tomber doucement autour du pingouin. Je m'étais fait la réflexion qu'il était là tout seul, et ça m'inquiétait. Quand j'en ai fait part à mon père, il m'a répondu : "Ne t'inquiète pas, Susie, enfermé dans son mon parfait, il a la belle vie. "

AL

Liens:

http://www.telerama.fr/livre/la-nostalgie-de-l-ange-d-alice-sebold,46695.php

http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-nostalgie-de-l-ange_808241.html

jeudi 15 août 2013

Les Corrections de Jonathan Franzen

11. Vous devez écrire comme vous boxer, vous devez donner tout ce que vous avez en vous parce que chaque match, comme chaque livre, est peut-être le dernier.

Dans le roman La vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joel Dicker, Arthur Goldman reçoit d'Harry Quebert, son mentor, 31 conseils d'écriture - soit autant que le nombre de chapitres du livre - qui vont le façonner et lui permettre de devenir un grand écrivain.

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Harry Quebert n'est qu'un personnage de roman et n'existe que dans l'imaginaire de Joel Dicker et désormais dans celui des ses nombreux lecteurs. Je ne sais pas si Jonathan Franzen s'est forgé seul ou si lui aussi a eu son pygmalion. Son roman, Les Corrections semble pourtant avoir été écrit selon ce credo tant il fourmille d'idées tout au long de ses 720 pages.

Publié en 2000, le roman a reçu le prestigieux National Book Award en 2001 outre-atlantique.

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Résumé de l'éditeur:

La famille Lambert est une famille comme les autres : derrière son apparente bonhomie se cachent des désirs parfois inavouables… De déchirures en réconciliations, Enid, Alfred et leurs trois enfants tentent de donner un sens à leurs contradictions. Et si on ne naissait que pour corriger les erreurs de ses parents ? Un roman-fleuve à l’humour féroce, dont la puissance balaye tout sur son passage.

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"Elle avait l'impression qu'Al et elle étaient les deux seules personnes intelligentes de leur génération qui aient réussi à ne pas faire fortune"

Les Corrections. Celles que chacun des membres d'une famille du Midwest américain, les Lambert, aimerait apporter à sa propre existence.
Jonathan Franzen met, tour à tour, le projecteur sur chacun d'entre eux.

Tout d'abord, Chip, l'intellectuel de la fratrie et pourtant celui qui a certainement le moins bien réussi, empêtré dans les corrections de son scénario dont personne ne veut et d'une carrière d'enseignant à l'université gâchée à la suite d'une liaison avec l'une de ses élèves et dont les péripéties l'emmèneront jusqu'à la Lituanie.
Gary l’aîné, dont la réussite professionnelle ne peut rattraper l'échec latent dans l'éducation rêvée des ses enfants, dépressif et en conflit avec son épouse quant au règlement de la question portant sur le lieu du prochain réveillon de Noel qu'il souhaite passer, selon le désir impérieux de sa mère, dans la maison familiale de Saint Jude.
Denise, la cadette, virtuose de la cuisine - elle sera, (pour un temps du moins) un chef reconnu d'un restaurant à la mode de Philadelphie - mais incapable de s'installer durablement dans un relation stable et équilibrée au grand damne de sa mère, elle sort d'un divorce et aura de nombreuses relations les plus incongrues les unes que les autres.
Et puis leurs parents, Enid la mère, très à cheval sur les conventions sociales de son temps, ayant longtemps souffert de l’absence de son mari ingénieur dans les chemins de fer et accaparée par ses taches ménagères et l'éducations des ses trois enfants, elle déplore aujourd'hui leurs mauvais choix d'investissement, les privant d'une retraite aisée et n'a qu'une idée en tête, réunir toute sa famille à Saint Jude pour les prochaines fêtes de Noel.
Enfin, Alfred, mari froid, père strict, aussi brillant dans sa carrière d'ingénieur des chemins de fer que médiocre pour les relations familiales, cette carrière qui se terminera pourtant en eau de boudin puisqu'il décidera de démissionner à quelques mois de sa retraite - nous saurons pourquoi il a prise cette décision étrange - qu'il débute en déclarant un Parkinson.

"Les Corrections" est souvent affublé, pour le décrire, de l'expression de roman fleuve. IL est à noter que les romans fleuves d'aujourd'hui ne sont plus ceux du début du vingtième siècle en France, quand  Romain Rolland avait besoin de 10 volumes pour aller au bout de son "Jean-Christophe", Roger Martin du Gard 12 pour achever "Les Thibault" et Jules Romains, pas moins de 27 volumes pour raconter "Les Hommes de bonne volonté" et, sans oublier Proust, les 720 pages des Corrections, à coté, semblent ne pas peser bien lourd.
Mais c'est sans compter sur ces nouvelles habitudes de lecture qui nous font zapper le plus rapidement possible entre romans et auteurs divers privilégiant souvent la brièveté à la découverte d'une oeuvre que l'on entrevoit comme excellente mais que l'on juge trop longue. Ah que tes romans peuvent faire peur Tom Wolfe !
Pourtant, ce roman est bien un roman fleuve d'aujourd'hui. Pour ceux et celle qui s'adonnent à l'écriture, il se pose parfois la question de savoir si telle ou telle idée doit être incluse dans ce que nous sommes en train de rédiger ou si elle ne pourrait pas être exploitée dans un nouveau projet de roman ou de nouvelle et ainsi de s'épargner l'angoisse de la la recherche de nouveaux terrains exploitables. Jonathan Franzen, l’instar du conseil de Harry Quebert en préambule de ce billet, ne s'est assurément pas posé la question.

Son écriture, pleine de virtuosité, accouplée d'une richesse d'idées (ou l'érudition le dispute au tragi-comique) rarement rencontré dans un seul roman, participe à ce sentiment de prendre claque sur claque et force le lecteur à poser le livre pour reprendre son souffle. Ce fut mon cas qui l'ai même lu en plusieurs semaines, le lâchant et y revenant parmi d'autres lectures.
Rajoutons à cela une bonne dose de cynisme et des pans du roman - description de la façon dont les symptômes de la dépression de Gary reviennent, celle d'un coït entre Alfred et Enid, de la bataille entre Alfred et un étron (oui c'est bien ça) ou encore celle, hilarante du vol, par Chip, d'un filet de saumon qu'il est incapable de payer - vous resteront longtemps gravé en mémoire.

Un vrai chef d'oeuvre.

AL

Liens:

http://www.telerama.fr/livre/jonathan-franzen-romancier-des-americains-je-partage-les-defauts-j-en-fait-partie,72032.php


Chronique de Frédéric Beigbeder du nouveau roman de Jonathan Franzen, Freedom :

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2011/09/10/01006-20110910ARTFIG00012-index.php


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