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Le blog estampillé Littérature 2.0

Chroniques littéraires et observateur de la dématérialisation du Livre

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dimanche 9 juin 2013

La vérité sur l'affaire Harry Quebert ou comment écrire un best seller

C'est sans doute le propre des bons romans de faire parler d'eux. Alors qu'aujourd'hui l'on a déjà presque tout dit sur La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, pondre une énième critique serait vain. Ce billet serait évidement élogieux, tant ce livre fait partie de mes coups de cœur de cette année littéraire.

J'avais donc initialement la volonté de le défendre bec et ongles contre ses détracteurs, qui accusèrent en autre, son auteur, Joel Dicker, d'avoir écrit, je cite, "un pale récusée de Philip Roth". Mais c'était avant d'entamer le roman de l'auteur dont il est question La Tache. Car il demeure impossible d'écrire cela si l'on a lu les deux ouvrages, tant ils sont différents. Joel Dicker ne s'en cache pas, est un véritable admirateur de l'oeuvre de Philip Roth, et c'est à peu prêt tout. J'en ai déjà parlé, relisez le post sur Un Homme de Philip Roth, Joel Dicker y fait de nombreux clin d’œils dans son roman, le pont entre les deux auteurs s’arrêtant là.

http://blowawaydandelion.blogspot.fr/

Pour ceux qui arriveraient devant ce billet et qui voudraient tout de même en savoir un peu plus sur le livre avant de se décider, je vais tout de même en parler un minimum avant des vous en délivrer ses secrets.
Donc, voilà pour ceux-là.
La Vérité sur l'affaire Harry Quebert est un polar machiavélique. De ceux que vous ne pouvez poser, qu'après l'avoir terminé. Récompensé par le prix Goncourt des lycéens et par le Grand Prix du roman de l'Académie Française, il narre l’enquête de Marcus Goldman, venu à la rescousse de son mentor, l'un des écrivains les plus célèbres des Etats Unis, Harry Quebert, dans le jardin de qui a été retrouvé, enterré, le cadavre de Nola Kellerman, une jeune fille de 15 ans disparue il y a plus de trente ans. Le problème étant qu'Harry Quebert a eu une liaison avec elle, ce qui en fait le principal suspect. S'en suis un longue enquête aux nombreux rebondissements et qui permettra à Marcus Goldman, de trouver le sujet idoine pour son nouveau roman. A priori rien de bien innovant et pourtant, nous sommes déjà très nombreux à avoir été happé par ce roman. Un début d'explication vient peut-être du fait que ce thriller à l'américaine fut écrit en langue française, sans passer par le prisme de la traduction, qu'il revêt cette saveur si particulière.

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En filigrane de l'intrigue, élément qui est sans doute passé comme secondaire pour nombre de lecteurs, se trouve une vrai interrogation sur les affres de la création littéraire, Joel Dicker débutant chaque chapitre par les conseils d'écriture d'Harry Quebert prodigués à son protégé Marcus, lorsqu'il était son professeur de littérature à l'université.
Ces conseils, que l'on peut prendre initialement pour des évidences voire des lapalissades, ou au contraire trouver certains d'entre eux très énigmatiques, s'avèrent pourtant, pour la plupart, extrêmement judicieux et, pris à la lettre, peuvent être d'un immense intérêt pour l'apprenti écrivain. Croyez-moi, de nombreux d'entre eux peuvent s'entendre dans les meilleurs ateliers d'écriture, imaginez l'économie de temps et d'argent que vous aller pouvoir en tirer.

Dandelion, qui a su déceler tout cela, va vous les délivrer dans ce billet.

Par facilité et par soucis de clarté, ces précieuses recommandations n'ont pas été recopié mot à mot mais avec quelques entorses au texte original, dans un soucis premier d'en retranscrire au mieux leur idée générale, leur substantifique moelle.

Une dernière chose, ces conseils, remis dans le contexte du roman, en sont surement encore plus profitables,  étant étayés par le chapitre, ou un de ses éléments, q"ils précèdent.
Ne vous épargnez donc surtout pas la lecture de La vérité sur l'affaire Harry Quebert même après avoir pris connaissance des secrets d'Harry qui suivent, celui-ci étant, par ailleurs, un excellent roman...

Les 32 conseils d'Harry Quebert:

31. Le premier chapitre est essentiel, si les lecteurs ne l'aiment pas, ils ne liront pas le reste de votre livre.

30. Le chapitre 2 est très important, il doit être incisif, percutant. Comme une droite dans la mâchoire de vos lecteurs.

29. Tout le monde sait écrire, mais tout le monde n'est pas écrivain.
Comment sait-on que l'on est écrivain ?
Personne ne sait qu'il est écrivain. Ce sont les autres qui le lui disent.

28. Le plus important est de savoir tomber.

27. Si vous n'avez pas le courage d'aller courir sous le pluie, vous n'aurez pas le courage d'écrire un livre. Courez jusqu'à en perdre la tête: vous sentirez naître en vous cette rage de vaincre.

26. Les chagrins d'amour et les chagrins de livre.
Ecrire un livre, c'est comme aimer quelqu'un : ça peut devenir très douloureux.

25. Comment devient-on écrivain ?
En ne renonçant jamais. Nous vivons dans une société d'employés de bureau résignés, et il faut, pour se sortir de ce mauvais pas, se battre contre soi-même et contre le monde entier. La liberté est un combat de chaque instant dont nous n’avons que peu conscience.

24. Se mettre en position de garde.
Ecrire ou boxer, c'est tellement proche. On se met en position de garde, on décide de se lancer dans la bataille, on lève les poings et on se rue sur son adversaire. Un livre, c'est une bataille.

23. De qui s'inspirez pour les personnages ?
De tout le monde. Un ami, la femme de ménage, l'employé au guichet de la banque. Mais attention : ce ne sont pas ces personnes elles-même qui vous inspirent, ce sont leurs actions. Leur façon d'agir vous fait penser à ce que pourrait faire l'un des personnages de votre roman. La seule règle est de ne pas les citer nommément. N'écrivez que des fictions. Le reste ne vous attirera que des ennuis.

22. Garder la force d'écrire des livres.
Cette force est en vous. Un peu comme une maladie. La maladie des écrivains, ce n'est pas de ne plus pouvoir écrire : c'est de ne plus vouloir écrire mais être incapable de s'en empêcher.

21. Quel est le seul moyen de mesurer combien vous aimez quelqu'un ?
C'est de le perdre.

20. La victoire est en vous. Il vous suffit de bien vouloir la laisser sortir.

19. De la discipline.
Respecter les horaires, répéter vos exercices, gardez le rythme, soyez tenace et impeccable dans vos affaires. Le pire ennemi des écrivains est le délai (imposer par votre éditeur).

18. Il n'est pas de plus grande et de plus difficile entreprise que de parvenir à bâtir l'amour.

17. Faire des idées, des illuminations.
Lorsque que vient une idée, vous devez la garder au fond de vous pour lui permettre de mûrir. Vous devez l’empêcher de sortir, vous devez la laisser grandir en vous jusqu'à ce que vous sentiez que c'est le bon moment.

16. Combien de temps faut-il pour écrire un livre ?
Çà dépend.
De quoi ?
 Çà dépend de tout.

15.  Le sens du mot est plus important que le mot en lui même. Les mots sont à tout le monde, jusqu'à ce que vous prouviez que vous êtes capables de vous les approprier. Voilà ce qui définit un écrivain. Le livre n'est pas un rapport aux mots mais un rapport aux gens.

14.  La vie est une arnaque.
 Dans notre société il faut sans cesse choisir entre raison et passion. La raison n'a jamais servi personne et la passion est souvent destructrice.

13. Perdre le contrôle de son propre livre est une catastrophe.
Publier, signifie que ce que vous avez écrit vous échappe des mains et va disparaître dans l'espace public.
Vous devez garder la maîtrise de la situation.

12. Apprenez à aimer vos échecs, car ce sont eux qui vous bâtiront.

11. Vous devez écrire comme vous boxer, vous devez donner tout ce que vous avez en vous parce que chaque match, comme chaque livre, est peut-être le dernier.

10. Transmettre des émotions que l'on n'a pas vécues.
C'est justement le travail d'un écrivain. Ecrire, cela signifie que vous êtes capable de ressentir plus fort que les autres et de transmettre ensuite. Ecrire, c'est permettre à vos lecteurs de voir ce que parfois, ils ne peuvent voir.

9. N’écrivez pas pour qu'on vous lise : écrivez pour être entendu.

8. Qui ose, gagne.

7. Chérissez l'amour, faites-en votre plus belle conquête, votre seule ambition.

6. Quand les mots ne peuvent plus rien, allez distribuer quelques coups de poing.

5. A la sortie d'un nouveau livre, certains adoreront, d'autres détesteront, certains feront de vous une vedette, d'autres vous mépriseront. Certains seront jaloux d'autres intéressés. Ce n'est pas pour eux que vous écrivez mais pour tous ceux qui, dans leur quotidien, auront passé un bon moment grâce à vous.

4. Lorsque vous arrivez en fin de livre, offrez à votre lecteur un rebondissement de dernière minute ; parce qu'il faut garder le lecteur en haleine jusqu'au bout .

3. Votre vie sera ponctuée de grands événements. Mentionnez-les dans vos livres. Car s'ils devaient s'avérer très mauvais, ils auront au moins le mérite de consigner quelques pages d'histoires.

2. Parfois, le découragement vous gagnera. Ne laissez jamais la fatigue ni la peur vous empêcher d'écrire. Au contraire, utilisez-les pour avancer.

1. Le dernier chapitre d'un livre doit toujours être le plus beau.

0. Un bon livre est un livre que l'on regrette d'avoir terminé.

Alors quels sont vos conseils d'Harry Quebert préférés ?


AL

Liens:




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mercredi 15 mai 2013

Un Homme de Philip Roth

Ça y est ! Nous y voilà Philip, nous débutons enfin, notre aventure commune, notre parcours, notre collaboration.
Après des années pendant lesquelles tes romans m'ont fait les pages douces dans les étales des librairies, que j'entendais parler de toi en termes dithyrambiques (un des plus grands écrivains contemporains de ces 50 dernières années, l'écrivain préféré des américains, "mais quand vont-ils se décider à lui décerner le Prix Nobel de littérature ?"), et que les titres de tes romans s'accumulaient dans mon carnet Moleskine, l'antichambre de mon programme officiel de lecture (lire le début du billet sur Je reviendrai avec la pluie de Taguji Ichigawa), l'un de tes bouquins s'est enfin retrouvé entre mes mains et sous mes yeux.


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Et l'ironie de la chose veut que ce soit au moment ou tu as décidé de cesser d'écrire que j'ai enfin décidé de te lire.
Tu te demandes peut-être pourquoi maintenant ?
Pour être sincère avec toi ce n'est pas grâce à tous les hommages que peuvent te rendent en ce moment tes exégètes, comme pour rentabiliser une matière qu'ils avaient prévue pour un événement plus radical mais qui tardait à venir.
Non, en fait c'est grâce à un livre. 
Là devant ton écran en train de me lire, je t'image avec sur le visage cette moue d'évidence. 
Pour y répondre, ce livre a en fait été écrit par un jeune auteur suisse, Joel Dicker, jusque-là pas très connu, et s'intitulant La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, livre qui connut en France (et connait toujours à l'heure où je t'écris) un grand succès depuis sa sortie lors de la rentré littéraire 2012 et reçut, de surcroît  deux prix importants, le Prix Goncourt des lycéens ainsi que le Prix du roman de l'Académie Française qui s'ils ne sont pas les plus prestigieux des prix littéraires français, lui confère tout de même une certaine valeur littéraire. Je ne dis pas ça pour te convaincre de le lire (libre à toi) ni pour me défendre de l'avoir lu, ceci fait simplement parti de mon raisonnement.


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Ce livre donc, que tu ne connais pas encore (celui-ci n'est pas encore traduit en américain même si je suis certain qu'il le sera rapidement et que tes compatriotes vont l'adorer), au delà d'être un thriller jubilatoire teinté d'une histoire d'amour tragique (mais j'y reviendrai très rapidement dans un billet lui étant uniquement consacré), est également, je l'ai très vite compris en le refermant et en parcourant les quelques critiques formulées à son égard, un véritable hommage à ton oeuvre.

En effet, nombreuses sont les références et clins d'œil, à tes personnages ou romans. 
J'en cite quelque un: son personnage principal s'appelle Marcus Goldman sans doute en référence au Marcus Messner d'Indignation, celui-ci est né à Newark comme beaucoup de tes personnages, son avocat se prénomme Roth et l'on en trouve bien d'autres, si bien que certains critiques un peu naïfs ou cherchant plutôt simplement à faire un peu de buzz pour améliorer l'audience de leur employeur respectif, l'ont taxé d'être un plagiat d'un de tes livres, La tache dont la trame se rapproche vaguement.


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J'aurais donc du débuter par La tache pour finir de me persuader qu'il n'en était rien. Mais ce dernier faisant parti d'une trilogie (chronologiquement, Pastorale Américaine, J'ai épousé un communiste et donc La tache) et qu'il est de meilleur ton de débuter une trilogie par le tome I, mais restant farouchement décidé à entamer le cycle Philip Roth, j'ai donc recherché un autre roman de ton oeuvre qui demeurait de préférence assez récent (quand je lis un écrivain pour la première fois, j'ai tendance à m'intéresser à ce qu'il a fait de récent avant de revenir à l'essentiel de son oeuvre) et de préférence assez court, celui-ci devant être lu pendant une semaine de vacances au soleil et où le temps serait donc compté.
Et lorsque que l'on a comme moi, la chance et le privilège, d'avoir Frédéric Beigbeider comme conseiller-critique (je ne fais plus confiance à mon libraire qui tente de placer ses invendus), me conseillant allègrement Un Homme roman court, le vingt septième que tu as rédigé et qu'il place lui, au trente-septième rang de son panthéon littéraire (ses 100 livres préférés).

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Voilà Philip, désormais tu connais le fin mot de l'histoire et maintenant je vais te demander d'en arrêter ici ta lecture puisque je dois maintenant parler d'Un Homme et que ceci n'a d’intérêt que pour ceux qui ne le connaissent pas ou qui l'on déjà lu et qui veulent savoir ce que j'en pense ou qui n'ont pas l'intention de le lire mais qui veulent savoir de quoi il est question enfin en tout cas pas à celui qui l'a écrit...

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Un Homme de Philip Roth c'est l'histoire de...
Enfin ce roman retrace la vie de....
Comment s'appelle t'il déjà....
Mais où est ce livre... Ah oui le voilà, attendez une seconde...
Donc ce roman dépeint l'existence de...
Mais bon sang ! Grrrrrrrrrr

Et bien il a fallut que j'écrive ce billet pour m'en rendre compte, le personnage d'Un Homme n'est en fait pas nommé dans le roman. Il n'a ni prénom, ni nom de famille, omission tout à fait volontaire de Philip Roth pour démontrer que son personnage a en fait une destinée commune à tous les individus, qui est la mort, idée accentuée par le choix du titre original du roman Everyman soit "chaque homme" en traduction littérale.

Ainsi, Philip Roth nous propose le récit de la vie de cet homme, fils d'un immigrant juif devenu bijoutier, publicitaire à succès dans une agence de New York, marié trois fois (trois échecs cuisants) dont une avec un top-model danois, dont il gardera tout de même deux fils (qui ne lui pardonnent pas son premier divorce) et une fille Nancy (sans doute la vrai femme de sa vie) qui le chérira jusqu'au bout. Il a également un frère, Howie, homme d'affaire talentueux à la santé de fer, qu'il perdra peu à peu de vue au moment ou la maladie l'accablera, supportant mal de devoir se jauger à lui.

Autre élément original, le roman débute par l'enterrement et remonte, pas toujours chronologiquement, le fil de sa vie, jalonnée notamment par ses différentes rencontres avec la mort et son rapport à la maladie. Et malgré cela, la lecture du roman se fait de manière très fluide, car, autre prouesse de Philip Roth, le livre n'est pas séparé par des chapitres mais est écrit d'un seul jet.
Ainsi, si vous vous lancez dans la lecture d'un Homme, vous aurez alors certainement comme moi, une fois le livre terminé, l'envie de relire les premières pages, le fait de connaitre la vie et les rapports qu'il a entretenu avec les protagonistes présents à son enterrement conférant un nouvel attrait à celles-ci.

Pour terminer, je dirais que malgré les thèmes abordés par le livre (le caractère inéluctable de la mort, le rapport de l'homme et de son corps, l'expérience de la maladie), Un Homme est un roman qui, quand on à la chance comme moi de le lire à un age assez jeune, donne pourtant une profonde envie de vivre et de profitez à fond de cette étincelle presque qu'incongrue en rapport à l'immensité de l'univers, qu'est notre passage sur cette terre.

Alors VIVONS ! mais gardons tout de même un peu de temps pour lire d'excellents romans comme Un Homme qui pour ma part fut un excellent point d'entrée dans l'oeuvre de Philip Roth et m'a donc préparé de façon idéale à la trilogie de "Newark".

 Carpe diem !

AL

Liens:

- Interview de Philip Roth par Télérama au moment de la sortie d'Un Homme

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