Bienvenue sur Dandelion

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Le blog estampillé Littérature 2.0

Chroniques littéraires et observateur de la dématérialisation du Livre

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mercredi 15 mai 2013

Un Homme de Philip Roth

Ça y est ! Nous y voilà Philip, nous débutons enfin, notre aventure commune, notre parcours, notre collaboration.
Après des années pendant lesquelles tes romans m'ont fait les pages douces dans les étales des librairies, que j'entendais parler de toi en termes dithyrambiques (un des plus grands écrivains contemporains de ces 50 dernières années, l'écrivain préféré des américains, "mais quand vont-ils se décider à lui décerner le Prix Nobel de littérature ?"), et que les titres de tes romans s'accumulaient dans mon carnet Moleskine, l'antichambre de mon programme officiel de lecture (lire le début du billet sur Je reviendrai avec la pluie de Taguji Ichigawa), l'un de tes bouquins s'est enfin retrouvé entre mes mains et sous mes yeux.


http://blowawaydandelion.blogspot.fr/

Et l'ironie de la chose veut que ce soit au moment ou tu as décidé de cesser d'écrire que j'ai enfin décidé de te lire.
Tu te demandes peut-être pourquoi maintenant ?
Pour être sincère avec toi ce n'est pas grâce à tous les hommages que peuvent te rendent en ce moment tes exégètes, comme pour rentabiliser une matière qu'ils avaient prévue pour un événement plus radical mais qui tardait à venir.
Non, en fait c'est grâce à un livre. 
Là devant ton écran en train de me lire, je t'image avec sur le visage cette moue d'évidence. 
Pour y répondre, ce livre a en fait été écrit par un jeune auteur suisse, Joel Dicker, jusque-là pas très connu, et s'intitulant La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, livre qui connut en France (et connait toujours à l'heure où je t'écris) un grand succès depuis sa sortie lors de la rentré littéraire 2012 et reçut, de surcroît  deux prix importants, le Prix Goncourt des lycéens ainsi que le Prix du roman de l'Académie Française qui s'ils ne sont pas les plus prestigieux des prix littéraires français, lui confère tout de même une certaine valeur littéraire. Je ne dis pas ça pour te convaincre de le lire (libre à toi) ni pour me défendre de l'avoir lu, ceci fait simplement parti de mon raisonnement.


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Ce livre donc, que tu ne connais pas encore (celui-ci n'est pas encore traduit en américain même si je suis certain qu'il le sera rapidement et que tes compatriotes vont l'adorer), au delà d'être un thriller jubilatoire teinté d'une histoire d'amour tragique (mais j'y reviendrai très rapidement dans un billet lui étant uniquement consacré), est également, je l'ai très vite compris en le refermant et en parcourant les quelques critiques formulées à son égard, un véritable hommage à ton oeuvre.

En effet, nombreuses sont les références et clins d'œil, à tes personnages ou romans. 
J'en cite quelque un: son personnage principal s'appelle Marcus Goldman sans doute en référence au Marcus Messner d'Indignation, celui-ci est né à Newark comme beaucoup de tes personnages, son avocat se prénomme Roth et l'on en trouve bien d'autres, si bien que certains critiques un peu naïfs ou cherchant plutôt simplement à faire un peu de buzz pour améliorer l'audience de leur employeur respectif, l'ont taxé d'être un plagiat d'un de tes livres, La tache dont la trame se rapproche vaguement.


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J'aurais donc du débuter par La tache pour finir de me persuader qu'il n'en était rien. Mais ce dernier faisant parti d'une trilogie (chronologiquement, Pastorale Américaine, J'ai épousé un communiste et donc La tache) et qu'il est de meilleur ton de débuter une trilogie par le tome I, mais restant farouchement décidé à entamer le cycle Philip Roth, j'ai donc recherché un autre roman de ton oeuvre qui demeurait de préférence assez récent (quand je lis un écrivain pour la première fois, j'ai tendance à m'intéresser à ce qu'il a fait de récent avant de revenir à l'essentiel de son oeuvre) et de préférence assez court, celui-ci devant être lu pendant une semaine de vacances au soleil et où le temps serait donc compté.
Et lorsque que l'on a comme moi, la chance et le privilège, d'avoir Frédéric Beigbeider comme conseiller-critique (je ne fais plus confiance à mon libraire qui tente de placer ses invendus), me conseillant allègrement Un Homme roman court, le vingt septième que tu as rédigé et qu'il place lui, au trente-septième rang de son panthéon littéraire (ses 100 livres préférés).

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Voilà Philip, désormais tu connais le fin mot de l'histoire et maintenant je vais te demander d'en arrêter ici ta lecture puisque je dois maintenant parler d'Un Homme et que ceci n'a d’intérêt que pour ceux qui ne le connaissent pas ou qui l'on déjà lu et qui veulent savoir ce que j'en pense ou qui n'ont pas l'intention de le lire mais qui veulent savoir de quoi il est question enfin en tout cas pas à celui qui l'a écrit...

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Un Homme de Philip Roth c'est l'histoire de...
Enfin ce roman retrace la vie de....
Comment s'appelle t'il déjà....
Mais où est ce livre... Ah oui le voilà, attendez une seconde...
Donc ce roman dépeint l'existence de...
Mais bon sang ! Grrrrrrrrrr

Et bien il a fallut que j'écrive ce billet pour m'en rendre compte, le personnage d'Un Homme n'est en fait pas nommé dans le roman. Il n'a ni prénom, ni nom de famille, omission tout à fait volontaire de Philip Roth pour démontrer que son personnage a en fait une destinée commune à tous les individus, qui est la mort, idée accentuée par le choix du titre original du roman Everyman soit "chaque homme" en traduction littérale.

Ainsi, Philip Roth nous propose le récit de la vie de cet homme, fils d'un immigrant juif devenu bijoutier, publicitaire à succès dans une agence de New York, marié trois fois (trois échecs cuisants) dont une avec un top-model danois, dont il gardera tout de même deux fils (qui ne lui pardonnent pas son premier divorce) et une fille Nancy (sans doute la vrai femme de sa vie) qui le chérira jusqu'au bout. Il a également un frère, Howie, homme d'affaire talentueux à la santé de fer, qu'il perdra peu à peu de vue au moment ou la maladie l'accablera, supportant mal de devoir se jauger à lui.

Autre élément original, le roman débute par l'enterrement et remonte, pas toujours chronologiquement, le fil de sa vie, jalonnée notamment par ses différentes rencontres avec la mort et son rapport à la maladie. Et malgré cela, la lecture du roman se fait de manière très fluide, car, autre prouesse de Philip Roth, le livre n'est pas séparé par des chapitres mais est écrit d'un seul jet.
Ainsi, si vous vous lancez dans la lecture d'un Homme, vous aurez alors certainement comme moi, une fois le livre terminé, l'envie de relire les premières pages, le fait de connaitre la vie et les rapports qu'il a entretenu avec les protagonistes présents à son enterrement conférant un nouvel attrait à celles-ci.

Pour terminer, je dirais que malgré les thèmes abordés par le livre (le caractère inéluctable de la mort, le rapport de l'homme et de son corps, l'expérience de la maladie), Un Homme est un roman qui, quand on à la chance comme moi de le lire à un age assez jeune, donne pourtant une profonde envie de vivre et de profitez à fond de cette étincelle presque qu'incongrue en rapport à l'immensité de l'univers, qu'est notre passage sur cette terre.

Alors VIVONS ! mais gardons tout de même un peu de temps pour lire d'excellents romans comme Un Homme qui pour ma part fut un excellent point d'entrée dans l'oeuvre de Philip Roth et m'a donc préparé de façon idéale à la trilogie de "Newark".

 Carpe diem !

AL

Liens:

- Interview de Philip Roth par Télérama au moment de la sortie d'Un Homme

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dimanche 17 mars 2013

Livre numérique, les raisons d'y croire... ou de le craindre

Après avoir remarqué le retard pris par la France par rapport aux Etats-Unis, en matière de vente de livre numérique, dans le second post de la catégorie Littérature 2.0, nous allons maintenant nous attarder sur les raisons de croire (ou de craindre) en son explosion prochaine.

En effet, plusieurs éléments font pencher dans ce sens.

Tout d'abord, les acteurs de l'édition, à l'instar de ceux de la musique il y a quelques années, ne veulent surtout pas rater le train en marche et laisser les nouveaux arrivants s'installer trop facilement. Ainsi, les éditeurs sont aujourd'hui décidés à faire les efforts nécessaires en terme d'investissement plutôt que de se laisser irrémédiablement dépasser par les Google Apple et Amazon. Ainsi,  dans la majeure partie des grands éditeurs nationaux, se sont constituées de véritables cellules spécialisées dans le digital.

Ensuite, pour lire un livre numérique, il est nécessaire d'être équipé d'un terminal de lecture. Quelque soit son type, tablette ou liseuse, leur taux d'équipement devrait largement progresser, 1 foyer français sur 3 sera équipé d'une tablette numérique à la fin de l'année 2013 (CSA) et le prix des liseuses ayant fortement baissé (moins 60% depuis 2008) leurs ventes devraient, elles aussi, naturellement décoller. Un possesseur de tablette n'est pas encore un lecteur digital mais le marché cible s'en trouvera fortement élargi.

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Une fois l'équipement acquis, reste pour le lecteur potentiel à trouver le format numérique du livre tellement convoité depuis quelques jours dans la vitrine de sa librairie préférée. Et de ce coté aussi, les éditeurs ont fait beaucoup d'efforts. Aujourd'hui 90% des nouveautés sortent au format numérique en même temps que le format broché. On l'a vu, il demeure encore quelques réfractaires, Frédéric Beigbeider en tête, le chef de file des anti-ebook refusant catégoriquement que ses œuvres soient numérisées. Mais sa démarche semble presque chevaleresque, tant il fait partie d'une caste peu nombreuse pouvant encore se le permettre, au contraire des nouveaux auteurs cherchant à se constituer un lectorat dans un marché du livre classique qui voit ses ventes s’étioler.

De plus, le livre au format papier ne semble plus aussi intouchable et l'innovation est de mise en matière de numérisation. Beaucoup de nouveaux acteurs proposent ainsi aujourd'hui des nouveautés en matière de contenu ou de services (La souris qui raconte spécialisé dans les contes pour enfants), de vente en ligne (Youboox, le Spotify du livre numérique) ou de progiciel de création de contenu.

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La désacralisation du roman traditionnel semble également en marche et la possibilité d'inclure à un texte numérisé, un habillage sonore, de l'image, des séquences vidéo, des liens hypertextes ou applications smartphone pour créer de l'interactivité (à l'instar du livre jeunesse Cathy's book qui raconte la disparition mystérieuse d'une jeune adolescente, le livre étant son journal intime laissé à sa soeur, est truffé de renvois vers des numéros de téléphone réels, des renvois vers des pages internet ou l'application iPhone afin de permettre au lecteur de progresser dans l’enquête et de retrouver Cathy), fait naître une nouvelle forme artistique, que l'on a prénommé le transmédia et qui semble pouvoir capter un public réfractaire à la littérature classique.  


Enfin, le prix qui demeure un frein pour bon nombre de lecteurs (une nouveauté en broché dépassement allègrement les 20 €) est aussi un élément pouvant les attirer vers le format numérique. En effet, ce dernier est de 25 à 30% moins onéreux que sont homologue classique. De quoi se laisser tenter par la nouveauté plutôt que de devoir attendre sa sortie en poche.

Le livre numérique semble donc prêt au décollage. Malgré ces quelques éléments positifs, ils restent tout de même quelques biais à lever auxquels nous reviendrons dans les prochain posts de Littérature 2.0.

AL


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samedi 17 novembre 2012

Bienvenue sur Dandelion !


Comme vous l’avez sûrement remarqué sous l’entête de ce blog celui-ci a pour but de parler de littérature. Pourquoi estampillé "Littérature 2.0" ?
C’est que depuis peu nous avons débuté une nouvelle ère de la littérature. Depuis l’arrivée d’internet mais surtout depuis le lancement de son rectangle de métal et de plexiglas par la marque à la pomme croquée - début de l’avènement de la tablette tactile - nous avons sans doute entamé un tournant majeur en matière d’habitude de lecture.


Certains auteurs s'en émeuvent avec à leur tête notre Frédéric Beigbeider national qui a signé un véritable pamphlet contre la dématérialisation du roman - ou plutôt du livre puisque soyons précis le livre est ici le contenant qui contient donc le contenu, le roman ou tout autre forme littéraire d’ailleurs - en préface (il préfère l’appeler making of) de son dernier livre Premier bilan après l’apocalypse Mes 100 livres préférés - qui, il insiste sur ce point, n’est pas disponible en format numérique et dans lequel il présente sa liste des 100 livres à lire, en format papier vous l’aviez compris je pense, avant l’apocalypse qui se veut donc être pour l’auteur et critique la dématérialisation du livre c'est à dire son ineluctable disparition dans son état d’objet palpable et sacré. De ce livre (celui de Beigbeider) j’aurais d’ailleurs l’occasion de reparler dans un futur billet mais pour l’instant je poursuis celui qui a pour but de vous présenter le blog.

Vous vous êtes sûrement demandé pourquoi celui-ci s’intitule Dandelion ? Les anglophones auront compris à quoi je faisais allusion, d'autres ne maîtrisant pas la langue de Shakespeare auront fait l’effort d’aller chercher sa signification sur un moteur de recherche ou un dictionnaire de papier, les plus fainéants attendent donc que je leur explique et les plus malins auront apperçu la photo qui suit. Et oui Dandelion est tout simplement le mot anglais équivalent à "pissenlit" en français. Imaginez-vous un site internet sur la littérature qui s’appellerait pissenlit 2.0…


Vous avouerez donc que pour une fois le mot anglais est quand même sacrément plus sexy. J’ose une petite digression d’ailleurs pour faire remarquer que l’étymologie du terme anglais vient… du français « dent de lion » , appellation presque totalement tombée dans l’oubli, à part pour les spécialistes du genre que sont les horticulteurs, phytothérapeutes ou autres herboristes. Les remarques des linguistes pouvant nous expliquer cette incongruité seront bien entendu, les bienvenues. Pour revenir au but de ma démarche initiale je n’ai donc pas choisi le pissenlit par hasard ou de manière purement innocente. Il me semblait être une bonne allégorie, tout du moins parvenu à sa phase ultime en aigrette (quand le pissenlit devient une boule blanche neigeuse qui ravit les enfants).


Et là je rejoins l’avis de Frédéric Beigbeider, sans être aussi pessimiste et catégorique que lui, du chemin inéluctable que va emprunter la littérature avec la dématérialisation de son support initial de papier. Amazon, Apple, Sony et Samsung seront-ils ainsi les 4 cavaliers de l’apocalypse livresque ? Il est trop tôt pour l’affirmer et la mue des belles lettres saura peut être nous offrir à l’avenir de nouvelles et inédites émotions. Et puis le souffle des 4 puissants n’a pas encore fait s’envoler toutes les aigrettes du pissenlit. Tout juste quelques unes se sont déjà envolées....

Sur Dandelion, je me ferais donc le témoin attentif du  bouleversement inexorable annoncé de l’édition, de l’art de l’écriture et de la création littéraire et aussi, mais cela a déjà commencé depuis l’essor du commerce en ligne, de la lente disparition de la librairie (celle avec au moins 4 murs, une multitude d'étagères avec des milliers de livre à l'intérieur et au moins un ou une libraire sympathique pour nous proposer la lecture qui nous sied et pas celle qui nécessite un ordinateur et une connexion internet pour y accéder !) lieu si mythique (mais en voie de disparition) pour tous les amateurs de lecture en tout genre.

Il sera également pour moi l’occasion de parler des mes coups de cœurs littéraires (un par semaine le samedi matin pour que vous puissiez l'acheter et le dévorer le weekend) qu’ils soient, et je pense ratisser large, des romans (surtout), essais, récits, recueils de poèmes, textes de chansons ou toutes autres formes artistiques écrites si tant est qu’elles m’auront émues, séduites ou interloquées au point de vouloir les partager.

Un focus sera également fait une fois par ce semaine (le mercredi, jour du cinéma) sur une adaptation cinématographique d'un roman ou inspirée d'une oeuvre littéraire pour pouvoir ratisser large et ainsi montrer les nombreuses émotions que peuvent engendrer ces deux formes d'art quand elles se rencontrent.

Voilà, vous comprenez désormais un peu mieux la démarche de Dandelion.

Passez un bon moment sur Dandelion et bonne(s) lecture(s)...

AL


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